En appliquant immédiatement l'accord commercial liant l'Europe aux pays du Mercosur, la présidente de la Commission européenne montre son désintérêt pour les préoccupations françaises. Un message fort pour le président de la République.
Par Luc Bourrianne
Des agriculteurs se sont rassemblés au Salon de l’agriculture ce vendredi, exprimant leur « dégoût » face à cette situation. Cette réaction pourrait en annoncer d'autres, même si elles ne se matérialisent pas immédiatement dans la rue. Alors qu'il serait exagéré de parler de « déni de démocratie », cela représente indéniablement un bras d’honneur de la Commission européenne vers la France. Un affront que les électeurs pourraient bien faire payer aux partis populistes lors des prochaines élections.
En décidant d'appliquer l'accord avec le Mercosur sans attendre le feu vert du Parlement européen, Ursula von der Leyen fait preuve d'une indifférence envers les réserves françaises. Cet acte soulève des interrogations sur l'influence déclinante de la France, après presque une décennie sous la présidence de Macron, qui n’a même pas été prévenu de cette décision.
La France, jadis sous les présidences de Mitterrand ou de Chirac, ne se serait jamais laissée imposer une telle situation. Aujourd'hui, elle est réduite à jouer dans la cour des nations considérées comme secondaires, aux côtés de pays tels que la Pologne, l'Autriche, l'Irlande et la Hongrie, qui ont également contesté l'accord. Ce contexte souligne une erreur stratégique majeure du gouvernement français, qui a sacrifié une vision géopolitique au profit d'intérêts internes. En cherchant à ménager ses agriculteurs, la France semble renoncer à des opportunités commerciales cruciales au moment où les relations douanières avec les États-Unis et la Chine se détériorent.
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