Déjà condamnée sept fois pour des comportements similaires, une femme de 52 ans originaire de Creil a de nouveau été jugée le 26 février pour avoir inondé les pompiers d'appels malveillants. Marie-Christine D., sous tutelle et aux prises avec des troubles psychiatriques, ainsi qu'une consommation d'alcool et de drogues, semble incapable de mettre un terme à ses appels intempestifs.
Le 23 février dernier, elle a passé 89 appels sur la ligne d'urgence des pompiers, proférant insultes et menaces. Lors de son interpellation, elle était assise sur un banc à Creil, ayant consommé plusieurs canettes de bière depuis le matin.
« J’en ai marre, je veux aller en prison »
« Je reconnais les appels, ça part comme ça », a avoué Marie-Christine D. dans le box des prévenus. Son propos, souvent incohérent, révèle une colère qui semble liée à un événement tragique : le suicide de son frère en 2001, lorsqu'elle accuserait les pompiers de ne pas avoir pu le sauver. « Je suis en colère contre eux mais ce n’est pas pour ça que j’appelle », a-t-elle également déclaré avec confusion.
Son passé à Montataire est tout aussi troublant, où elle avait même provoqué des incendies dans des caves pour attirer les pompiers. « Elle dit elle-même qu'elle aime bien les voir arriver », a commenté son avocat, Marc Sadoudi.
« Ils s’assurent à chaque fois qu’elle n’a pas besoin d’aide »
Les pompiers, conscients des troubles psychiques de la prévenue, font leur possible pour s'assurer qu'elle ne se trouve pas en détresse. Cependant, le procureur de la République, Loïc Abrial, a souligné que l'ampleur des appels dépassait largement le cadre de ce qui était recensé. « Si elle ne peut pas se contrôler, il faut que la justice intervienne », a précisé le procureur, demandant une peine de 18 mois, dont huit avec sursis probatoire renforcé et mandat de dépôt.
12 mois de prison avec sursis
Me Marc Sadoudi a rappelé que les précédentes condamnations, dont certaines de nature carcérale, n'avaient pas su résoudre la problématique de Marie-Christine D., qui est sous tutelle depuis plus de 30 ans et qui rencontre de sérieuses difficultés d'alphabétisation. Finalement, le tribunal a opté pour une peine de 12 mois avec un sursis probatoire renforcé, assortie d'une obligation de soins. En parallèle, la confiscation de son téléphone a été ordonnée, espérant ainsi apaiser la situation au centre d’appels des pompiers de l’Oise.







