Lors de la conférence de Munich, le 14 février, Marco Rubio, secrétaire d'État américain, a exposé un discours conçu pour rassurer les alliés européens sur la solidité des relations transatlantiques. Un an après l'intervention virulente de J.D. Vance, la nécessité d'une approche plus prudente semble primordiale.
Avant de prendre la parole, une ambiance tendue règne parmi les participants, impatients d'entendre Rubio. Son discours était particulièrement attendu, notamment en ce qui concerne l'état des relations entre les États-Unis et leurs partenaires européens. "Je suis ici aujourd’hui pour affirmer clairement que l’Amérique aspire à un nouveau siècle de prospérité, et nous voulons le réaliser ensemble, main dans la main avec vous, nos précieux alliés", a-t-il déclaré.
Un potentiel trompe-l'œil ?
Les applaudissements ont chaleureusement accueilli ce message d'unité, et l'assistance a semblé soulagée, notamment après le discours glacé de J.D. Vance l'an dernier, qui avait violemment attaqué les partenaires européens. Vance avait notamment déclaré : "La menace la plus préoccupante en Europe vient de l’intérieur, du recul de principes fondamentaux que nous partageons avec les États-Unis."
Cependant, certains points soulevés par Rubio laissent place à l'interrogation. Son discours, bien que moins véhément, aborde des thèmes fortement politisés, tels que l'immigration et les défis de la désindustrialisation en Europe. De plus, il n'a pas hésité à critiquer les Nations unies : "L'ONU possède un potentiel immense pour faciliter les échanges mondiaux, mais face aux crises les plus pressantes, elle semble démunie", a-t-il affirmé. Ce faisant, il réaffirme la position historique des États-Unis comme acteurs clés dans la résolution des conflits mondiaux tout en exprimant son souhait de voir l'Europe se maintenir.
Ce discours, bien qu'apparenté à une main tendue, pourrait donc masquer des réalités plus complexes. Les commentaires de spécialistes européens appellent à la prudence, insistant sur le fait que des gestes symboliques ne sauraient suffire à restaurer la confiance. Selon Pierre Bonnet, analyste à l’Institut des relations internationales à Paris, "les paroles doivent être suivies d'actions concrètes pour vraiment rétablir cette confiance."







