La France entre dans une nouvelle ère énergétique, renforçant sa dépendance au nucléaire pour assurer son autonomie, tout en modérant ses ambitions en matière d'énergies renouvelables. Selon la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3), l'accent est mis sur l'électrification et la relance de l'hydroélectricité, visant à réduire la dépendance aux combustibles fossiles.
Pour résumer la stratégie énergétique française dans les dix années à venir : plus de nucléaire, un léger recul pour l'éolien. Cela représente un revirement notable, notamment après les précédents projets de fermeture de près de quinze réacteurs. À présent, la perception du nucléaire a évolué : il est perçu comme moins polluant que les centrales à charbon et plus productif, se révélant moins controversé que les projets d'éoliennes, souvent critiqués par les élus locaux.
La PPE3 prévoit l'érection de six nouveaux réacteurs EPR2, avec la possibilité d’en ajouter huit autres. Les installations existantes seront optimisées pour produire entre 380 et 420 TWh d'ici 2030, solidifiant la place du nucléaire dans le mix énergétique français. Des experts de l'énergie, comme le professeur Dupont de l'Université de Paris, affirment que cette stratégie est cruciale pour répondre aux enjeux climatiques, soulignant que "le nucléaire peut jouer un rôle central dans la transition énergétique".
Ajustement des ambitions pour l'éolien et le solaire
Le gouvernement français revoit ses ambitions concernant l'éolien terrestre et le solaire, tout en maintenant des objectifs pour l'éolien offshore. Pour l'éolien terrestre, les prévisions passent à 31 GW d'ici 2030, et 35 à 40 GW d'ici 2035. Quant aux installations solaires, la production prévue est de 48 GW en 2030 et entre 55 et 80 GW en 2035. En revanche, l'éolien offshore vise 15 GW d'ici 2035, avec des ajustements possibles pour atteindre 18 GW en 2037.
Il est important de noter que l'intention n'est pas de démolir les éoliennes existantes, mais plutôt d'optimiser leur efficacité en remplaçant certaines pales par des modèles plus grands pour augmenter la production d'énergie. En matière d'éolien en mer, le gouvernement prévoit également des ajustements de ses objectifs pour 2035, tout en maintenant les projets en cours, répondant ainsi aux défis futurs tels que ceux posés par les data centers et les véhicules électriques.
Retour de l'hydroélectricité
L'hydroélectricité fait un retour notable, avec une augmentation projetée de 2,8 GW des capacités des barrages, facilitée par une récente législation adoptée à l'Assemblée nationale. Cette relance inclut 1,7 GW provenant des stations de transfert d'énergie par pompage (STEP), essentielles pour équilibrer offre et demande d'électricité.
Cette stratégie énergétique vise à électrifier davantage le pays pour diminuer l'indépendance aux ressources fossiles, avec un objectif de 60 % d'énergies décarbonées d'ici 2030. En parallèle, le gouvernement stimule l'usage de sources d'énergie non-électriques décarbonées, telles que le biométhane et l'hydrogène, avec des objectifs ambitieux pour 2035.







