Au cours du deuxième jour du procès des parents accusés d'avoir maltraité leur petite fille, Effie, jusqu'à sa mort à seulement deux mois, des experts psychologiques ont été appelés à témoigner. Ce procès a eu lieu à Pau, le 12 janvier. Samuel, 24 ans, et Mairi, 21 ans, continuent de s'accuser mutuellement, refusant d'avouer leur responsabilité dans la terrible issue de cette affaire.
Effie, victime de traumatismes crâniens et de blessures volontaires, est décédée le 18 janvier 2023. Les parents, qui semblent se disputer pour se déresponsabiliser, ont présenté des témoignages de leurs familles respectives. Ces dernières décrivent des gestes brusques mais n'ont pas constaté de violences claires sur le bébé. Mairi, en particulier, est décrite par sa famille comme étant distante et peu engagée auprès de sa fille.
La mère de Mairi a témoigné sur l'emprise qu'exerçait Samuel sur sa fille, affirmant que Mairi semblait constamment amoureuse et contrôlée par lui, rendant impossible toute intervention de sa part. Selon le psychiatre qui a examiné le couple, "l'amour de Mairi pour Samuel l'emportait sur celui qu'elle avait pour sa fille", expliquant son absence de réaction face aux souffrances infligées à Effie.
Un engendrement de violence et d'emprise
Mairi a révélé qu'elle se sentait empêchée de s'occuper de sa fille, Samuel ayant pris le contrôle total de la situation. Le couple a vécu chez la mère de Mairi dans des conditions précaires, et c'est là que la maltraitance s'est produite. Malgré des soupçons, la mère n'a pas pu alerter les autorités avant tragiquement d'en arriver à la mort d'Effie.
Elle a finalement signalé des incidents aux services sociaux le 7 janvier, mais n’a pas évoqué de violences, ayant peur des répercussions. "Si j'avais su que le bébé souffrait, j'aurais agi différemment", a-t-elle déclaré, les larmes aux yeux lors de son témoignage.
Les souffrances et les blessures passées
Les antécédents de Samuel et Mairi, tous deux marqués par des traumatismes, suscitent des interrogations chez les experts. Mairi a notamment été hospitalisée pour des troubles liés à un passé de harcèlement et de violences. Quant à Samuel, il a été rejeté par son père et a vécu des périodes difficiles dans son adolescence.
La psychologue Claire De Giacinto a évoqué la dynamique de pouvoir dans le couple, soulignant que Samuel semblait se prévaloir d'un contrôle affectif sur sa partenaire. Cette tendance à la déresponsabilisation a été relevée dans leurs discours, ce qui ne manquerait pas de peser lourd lors du verdict final, prévu pour le 13 février.
Les juges et jurés sont confrontés à un dilemme complexe : qui est réellement responsable de cette tragédie familiale ? Les révélations de ce procès permettront-elles de démêler cet imbroglio émotionnel ?







