La vie sans René
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Dans le monde de la gastronomie, certaines figures prennent leur envol avant de se volatiliser, laissant derrière elles un souvenir aigre-doux. C'est souvent avec surprise que l'on découvre le retour de ces chefs, comme Jean-Jacques Jouteux, dont l'absence s'est fait sentir. Loin des projecteurs, ils ont su éblouir avec des plats mémorables, mais la curiosité des clients les pousse parfois vers d'autres horizons.
Jean-Jacques Jouteux fait partie de cette lignée de chefs parisien, extravagants et au talent flamboyant. Sa cuisine, associée à un terroir inventif marqué par l’incontournable marché de Rungis, évoque une tradition à la fois riche et imaginative. Quand il officiait au XVIIIe arrondissement, dans son restaurant Semailles, Jouteux savait capter l’attention des gourmets. Les jours de visite journalistique étaient soigneusement orchestrés pour impressionner.
La vie sans René
Deux décennies se sont écoulées, et Jean-Jacques n’a pas vraiment changé, sauf qu’il a désormais perdu son complice, René. En passant par la Côte d'Azur, son cœur semblait avoir perdu de sa flamme. Les clients demandaient souvent après René : la réponse était parfois décevante, Jouteux se renfermant sur lui-même.
Son retour à Paris n'est pas seulement géographique, mais aussi un acte émotionnel, lui permettant de renouer avec son passé et de revivre une cuisine qui lui est chère. Il propose ainsi un menu du déjeuner, à 35 euros, où la créativité est intacte : une crème d'asperges à la pancetta, suivie d'un colin meunière et un dessert en hommage à son partenaire, agrémenté de fruits frais et d'une glace au caramel.
Le 153 Grenelle, lieu de son nouveau chapitre, vous attend pour découvrir ou redécouvrir ses plats savoureux qui évoquent une nostalgie délicieuse. Jean-Jacques Jouteux a retrouvé la voie de sa passion, unissant la richesse de son héritage à un présent vibrant.







