Le ministre de l'Intérieur français, Laurent Nuñez, se déplace en Algérie lundi et mardi prochains pour discuter de questions délicates qui affectent les relations bilatérales. Parmi ces sujets, le cas de Christophe Gleizes, un journaliste sportif arrêté en mai 2024, ainsi que l'admission des ressortissants algériens sous Obstacle à l'Admission en France (OQTF) et des questions de lutte contre le terrorisme.
Ce voyage, attendu depuis plusieurs mois, a été confirmé par l'entourage du ministre jeudi dernier. Laurent Nuñez et son homologue algérien se sont entretenus par téléphone pour préparer cette visite, qui pourrait marquer un signe de dégel dans les relations entre les deux pays, après une série de tensions diplomatiques.
Récemment, Nuñez a exprimé qu'il avait reçu une invitation de son homologue algérien et qu'il était prêt à répondre positivement. Sur BFMTV, il a mentionné le retour des échanges sécuritaires, précisant l'importance de discuter des réadmissions, de la lutte contre le terrorisme et du narcotrafic.
Au début du mois de février, le ministre avait déclaré espérer une réaction d'Alger aux demandes françaises concernant le retour des ressortissants algériens en situation irrégulière, ainsi que sur le cas de Christophe Gleizes, qui préparait un article sur la JS Kabylie d'Algérie lorsque son arrestation a eu lieu.
Des tensions persistantes entre la France et l’Algérie
Les relations entre Paris et Alger ont connu une forte dégradation depuis l'été 2024, notamment à cause de la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, provoquant des tensions qui se sont multipliées depuis deux ans. Des événements tels que l'enlèvement d'un influenceur algérien ou l'expulsion d'agents consulaires français à Alger n'ont fait qu'approfondir ce fossé.
Laurent Nuñez et son homologue, Saïd Sayoud, aborderont également des questions comme l'admission des ressortissants algériens sous OQTF et les demandes d'extradition formulées par Alger. Sabrina Sebaihi, députée écologiste, a récemment affirmé à l'AFP qu'elle percevait des signaux positifs émergents des deux côtés, citant les échanges sécuritaires en cours et le transfert de Gleizes à Alger comme des indications d'un potentiel rapprochement.
Un précédent historique
Ce déplacement est le premier d'un ministre de l'Intérieur en Algérie depuis la visite de Gérald Darmanin fin 2022, et il fait suite à des tensions marquées sous la direction de son successeur, Bruno Retailleau. L'ancienne ministre Ségolène Royal a également récemment visité le pays, plaçant le cas de Gleizes et les relations bilatérales au centre de ses discussions avec le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, appelant à une reconstruction des liens entre les deux nations.
Avec AFP







