Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a exprimé jeudi son opposition à l'idée d'une levée de dette commune au sein de l'Union européenne, en réponse à l'appel d'Emmanuel Macron. Ce dernier souhaite instaurer une dette collective à 27, comme cela avait été fait lors de la crise du Covid-19. "Nous avons contracté une dette européenne dans des situations exceptionnelles — mais c'étaient des situations exceptionnelles", a-t-il déclaré lors d'une conférence à l'issue de discussions sur la compétitivité européenne face aux défis de la Chine et des États-Unis.
"L’exception ne peut devenir la norme. Nous devons utiliser l'argent dont nous disposons plutôt que de multiplier les dettes inutiles", a-t-il ajouté.
La crise du Covid a effectivement vu l'Europe s'endetter à hauteur de 750 milliards d'euros, une expérience qui a été jugée unique par beaucoup, notamment en Allemagne. Merz a, par ailleurs, souligné que le gobelin planerait sur l'Allemagne et qu'une telle démarche ne serait pas envisageable dans un avenir proche.
Nagel, le gouverneur de la banque centrale allemande, exprime un avis différent
Alors que Friedrich Merz s'oppose fermement à l'idée d'Emmanuel Macron, de son côté, Joachim Nagel, gouverneur de la Banque centrale allemande, a révélé son soutien à une éventuelle levée de dette commune. Lors d'une interview accordée à Politico, il a plaidé pour la création d'un "actif sûr de référence européen, très liquide et couvrant l'ensemble de la zone euro".
"Il est indispensable d'agir rapidement et de manière ciblée, car certaines situations exigent un soutien financier immédiat, sans pour autant compromettre les finances publiques des États membres", a affirmé Nagel.
Il a toutefois précisé que cette dette ne devrait être utilisée que pour des fins spécifiques telles que la transition écologique ou la modernisation technologique, en ligne avec la vision de Macron, qui prône un investissement annuel de 1.200 milliards d'euros dans des secteurs clés comme la sécurité et la défense.
Ce débat sur la dette européenne met en lumière les divergences d'opinion au sein de l'Europe, alors que les pays balancent entre le besoin de solidarité financière et celui de la responsabilité budgétaire.







