Après plus de six ans à la tête de Sanofi, Paul Hudson quittera ses fonctions de directeur général le 17 février. Cette décision résulte d'un choix du conseil d'administration du groupe pharmaceutique français de ne pas renouveler son mandat d'administrateur.
Belén Garijo, actuelle présidente du groupe pharmaceutique allemand Merck KGaA, a été nommée directrice générale par le conseil d'administration. Elle débutera ses fonctions après l'assemblée générale prévue le 29 avril, comme l'a récemment annoncé Sanofi dans un communiqué.
En attendant, Olivier Charmeil, vice-président exécutif Médecine générale et membre du comité exécutif depuis 2011, assurera l'intérim en tant que directeur général, selon les précisions de Sanofi.
Suite à cette annonce, l'action de Sanofi a chuté de 5,20%, atteignant 78,27 euros à la Bourse de Paris.
La priorité de Belén Garijo, docteure en médecine de nationalité espagnole, sera d'accélérer "la préparation de l'avenir du groupe", comme l'indiquent les déclarations du président du conseil d'administration, Frédéric Oudéa. Elle a également été reconnue pour sa connaissance approfondie de Sanofi, où elle a exercé pendant 15 années et marqué des succès significatifs.
Paul Hudson, dont le parcours dans l'industrie pharmaceutique provient du domaine du marketing, a occupé le poste de directeur général depuis le 1er septembre 2019. Son départ fait suite à des défis récents en matière de recherche et développement, tandis que le cours de l'action a enregistré une perte d'environ 13% en 2025.
L'industrie pharmaceutique est actuellement en pleine mutation, avec l'essor de l'intelligence artificielle et de la médecine personnalisée, tout en faisant face à des pressions sur les prix et à des droits de douane imposés par les États-Unis.
Des analystes de Jefferies ont noté que des discussions autour d'un éventuel changement de direction circulaient depuis un certain temps, en raison des difficultés rencontrées par la stratégie de R&D du groupe.
Sous la direction de Paul Hudson, Sanofi a misé sur l'immunologie, constatant d'importants investissements depuis 2023 pour renforcer sa R&D axée sur des médicaments et vaccins innovants. L'année dernière, Hudson a également vendu la participation majoritaire de Sanofi dans Opella, pour 10,7 milliards d'euros au fonds d’investissement américain CD&R.
Arrivé de Novartis, Hudson a misé sur le potentiel du Dupixent, un anti-inflammatoire lancé en 2018, qui est devenu un pilier du chiffre d'affaires avec plus de 15 milliards d'euros de ventes l'an dernier. Cependant, les investisseurs demeurent préoccupés par la trajectoire future de ce produit, avec un premier brevet qui arrivera à échéance en 2031, un échéancier qui semble court pour une industrie aux cycles prolongés.
Sanofi, qui a été critiqué pour sa lenteur à développer un vaccin contre le Covid-19, se retrouve maintenant à devoir innovée rapidement pour compenser la perte de son produit phare.
Pour alléger les impacts de la fin de l'exclusivité de Dupixent sur sa rentabilité, plusieurs acquisitions de biotechs ont été réalisées pour acquérir de nouvelles molécules avancées.
Malheureusement, 2025 a déjà été marquée par plusieurs revers : l'échec du candidat-médicament tolebrutinib pour la sclérose en plaques a été suivi par un refus de l'agence américaine du médicament pour une autre forme de la maladie, tout en ayant également déçu sur un traitement pour la dermatite atopique.
Jean-Louis Peyren, secrétaire fédéral du syndicat Fnic-CGT, a déclaré à l'AFP que Paul Hudson a été un "sacré vendeur de rêves". Il espère que Belén Garijo se concentrera davantage sur les besoins en matière de santé plutôt que sur la communication et les préoccupations financières.







