Suite à des scandales ayant affecté certaines écoles privées, la confiance envers l'enseignement catholique a été ébranlée. Toutefois, la philosophie éducative qui le sous-tend reste, pour beaucoup, une réponse pertinente aux défis contemporains. Les violences révélées dans des établissements tels que celui de Bétharram, dans un contexte de débats sur le rôle de l'école catholique, apportent des arguments à ceux qui prônent une uniformisation avec l'enseignement public. Cette volonté pourrait effacer les spécificités de ce modèle éducatif, mettant en péril un héritage culturel et éducatif précieux.
Face à la gravité de ces incidents, le secrétaire général de l’Enseignement catholique, Guillaume Prévost, a instauré, le 19 janvier dernier, une mission appelée « Qualité de la relation éducative ». Celle-ci visera à renforcer la sécurité des élèves et à prévenir des dérives. Comme il l’a précisé, ces violences représentent « un dévoiement de l’autorité éducative » et « trahissent l’ambition même du projet chrétien d’éducation », qui place la dignité de l'individu au cœur de toute relation éducative.
Une vision intégrale de l'élève
Cette ambition éducative, qui traverse les siècles, est au cœur de l'engagement de nombreux enseignants. Dans son livre Foi de prof (Le Rocher), l’écrivain et professeur Harold Cobert plaide en faveur de cette approche, affirmant que « la philosophie et l’ambition de l’éducation privée catholique sous contrat constituent le salut de l’Éducation nationale ». Il rappelle que cette éducation repose sur « une vision intégrale de la personne », prenant en compte non seulement les capacités académiques, mais aussi les dimensions spirituelles et morales des élèves.
Apprendre aux élèves à exercer leur liberté et à discerner le bien et le mal, à adhérer à des principes universels : le bien, le beau, le vrai.
Cette vision éducative ne trouve pas uniquement écho dans le secteur privé. Ambroise Tournyol du Clos, professeur d’histoire au lycée Claude-Lebois de Saint-Chamond, a récemment publié une tribune intitulée « Sauver l’école avec Don Bosco » sur jdd.fr. Il souligne comment ses valeurs religieuses inspirent son enseignement, tout en respectant la déontologie laïque du secteur public.
Un cadre solide pour la liberté
Pour Tournyol, l’objectif de l’enseignement catholique, qui vise à éduquer tant les cœurs que les intelligences, demeure d'actualité. C'est apprendre aux élèves à faire des choix, à comprendre la différence entre le bien et le mal, tout en adhérant à des principes universels. Ce projet éducatif s'inscrit dans le cadre familial, soulignant l'importance de la collaboration entre l’école et la maison.
Cette vision puise ses racines dans la tradition éducative de figures telles que Don Bosco, qui a œuvré au XIXe siècle pour les jeunes défavorisés de Turin. Il a créé des espaces où ces jeunes pouvaient non seulement apprendre un métier, mais aussi recevoir l’attention et le soutien d’adultes. Comme le souligne Tournyol, « ce qui le caractérise, c'est sa capacité à établir des relations personnelles, en reconnaissant la singularité de chaque élève », une approche toujours valable aujourd'hui face à l'augmentation des effectifs dans les classes.
« La baisse du niveau ne vient pas d’une moindre intelligence des élèves, mais d’un abaissement progressif des exigences. »
Ce maintien de l'exigence éducative, souvent négligé, est essentiel, selon Cobert, pour aider les élèves à progresser. En rehaussant les standards et en démontrant confiance envers leurs capacités, les élèves peuvent non seulement surmonter les défis académiques mais aussi devenir des individus épanouis sur le plan personnel.
L'héritage de Don Bosco, qui plaçait la vie intérieure au cœur de sa pédagogie, invite à une réflexion sur la nécessité d'inculquer des valeurs et de nourrir la quête de sens chez les jeunes. L’éducation va bien au-delà des simples compétences scolaires ; elle doit également encourager le développement spirituel et émotionnel de chaque élève.







