Washington (États-Unis) – La tension est montée d'un cran mercredi alors que des élus démocrates ont accusé Pam Bondi, la ministre de la Justice, d'avoir "étouffé" l'affaire Epstein et d'avoir mis son département au service des intérêts de Donald Trump. Cette audition a eu lieu au sein de la commission judiciaire de la Chambre des représentants, en pleine tourmente après que le ministère de la Justice a publié plus de trois millions de pages liées à Jeffrey Epstein, un criminel sexuel décédé en prison en août 2019.
Selon le numéro 2 du ministère, Todd Blanche, cette vaste publication est conforme à la législation adoptée en novembre pour assurer une transparence totale sur ce dossier tumultueux. Cependant, Jamie Raskin, membre éminent de la commission, a accusé Bondi de ne pas suffisamment se préoccuper des victimes, dont plusieurs étaient présentes durant l’audition.
Les critiques se sont intensifiées lorsque les élus ont noté que les noms de potentiels complices d'Epstein avaient été soigneusement caviardés, en contradiction avec les exigences de la loi. Les démocrates, ainsi que le républicain Thomas Massie, ont exprimé leur indignation face à la publication accidentelle des informations personnelles de victimes, qui ont été rapidement retirées.
Demander pardon aux victimes
L'élue démocrate Pramila Jayapal a exhorté Bondi à "demander pardon" aux victimes pour la gestion malavisée des documents, ce à quoi la ministre a réagi en qualifiant les critiques de "théâtre politique".
Pendant sa campagne de 2024, Trump avait promis de rendre public l'ensemble du dossier Epstein. Cependant, ses tergiversations suscitent des accusations de dissimulation, même au sein de sa base politique.
Tout le monde savait
Donald Trump a toujours soutenu avoir rompu ses liens avec Epstein avant que ce dernier ne soit poursuivi. Toutefois, une récente transcription d’une conversation avec un ancien chef de la police de Palm Beach publiée dans les documents du ministère semble contredire cette version. Ce dernier a rapporté que Trump se serait exprimé à l'époque, disant : "Dieu merci de l'arrêter, tout le monde savait ce qu'il faisait".
Les démocrates ont également interrogé la ministre au sujet des poursuites pénales que Trump a personnellement dirigées contre certaines personnes, dont des juges ont récemment annulé les accusations. Jamie Raskin a critiqué Bondi en disant : "Vous avez transformé le ministère de la Justice en un instrument de vengeance pour Trump. Vous agissez comme un exécutant de ses désirs".
Bondi, en défense de ses actions, a minimisé les erreurs dans la gestion des documents, affirmant que le taux d'erreur était faible. Cependant, les critiques sur l'absence de considération pour les victimes persistent. En somme, cette audition a révélé non seulement des tensions politiques, mais aussi des préoccupations profondes sur la transparence et la justice dans le traitement des affaires liées à Jeffrey Epstein.
© 2026 AFP







