Mercredi, Donald Trump a averti que l'horloge tournait avant qu'une action militaire contre l'Iran ne soit envisagée, alors même que le pays est en proie à un vaste mouvement de contestation réprimé avec violence. En réponse, l'Iran a déclaré qu'il riposterait "comme jamais" en cas d'attaque américaine.
Peu après cette déclaration, Marco Rubio, le secrétaire d'État américain, a souligné que l'Iran était "plus faible que jamais" et a prédit un retour des manifestations dans le pays.
Sur le réseau Truth Social, Trump a évoqué les préoccupations liées aux ambitions nucléaires iraniennes, exprimant l'espoir que Téhéran accepterait de discuter d’un accord pour éviter l'utilisation d'armes nucléaires. Il a menacé de frapper Iran d'une manière "bien pire" que les attaques déjà menées l'année dernière.
L'intervention de l'Amérique, qui a pris part à un conflit de 12 jours initié par Israël, avait pour but de contrer les ambitions nucléaires de l'Iran, que Téhéran a toujours démenties.
Cette mise en garde est survenue alors que le porte-avions Abraham Lincoln a été déployé dans le Golfe, bien que sa position exacte reste un mystère.
Friedrich Merz, chancelier allemand, a déclaré que les jours du régime iranien sont désormais "comptés", une assertion qui fait écho à celle de Manuel Valls sur l'éventualité d'un effondrement rapide du régime.
En réponse aux tensions, la mission iranienne auprès de l'ONU a affirmé qu'en cas d'attaque, Téhéran réagirait avec une force inégalée. "Nous sommes ouverts au dialogue, mais nous riposterons s'il le faut", indique un message émis par les autorités.
Abbas Araghchi, ministre des Affaires étrangères iranien, a pour sa part demandé aux États-Unis d'éviter les menaces et les demandes excessives s'ils souhaitent discuter.
La diplomatie, accompagnée de menaces, ne peut être productive, a ajouté Araghchi, notant que l'Iran n'avait pas cherché à négocier de cette manière.
Des analystes pointent du doigt les options militaires potentiellement envisagées par Washington, allant de frappes ciblées à des bombardements de sites militaires en Iran, un pays qui n’a cessé de résister depuis la Révolution islamique de 1979.
Face à ces menaces, l'Iran intensifie ses efforts diplomatiques. Le président Massoud Pezeshkian a récemment échangé avec le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, qui a assuré que Riyad ne permettrait pas l’utilisation de son territoire pour une attaque contre l’Iran.
Par ailleurs, le Premier ministre qatari, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, a réitéré le soutien de son pays aux efforts visant à désamorcer la situation auprès de l’iranien Ali Larijani.
Au Caire, la nécessité de désescalader la situation a également été soulignée lors de discussions avec des responsables américains et iraniens.
Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a souligné que relancer les hostilités serait néfaste.
De son côté, Fu Cong, représentant de la Chine à l'ONU, a mis en garde contre toute forme "d'aventurisme militaire" en Iran, ajoutant que la situation nécessitait sérénité et dialogue.
Dans ce climat tendu, Téhéran a averti que tout pays voisin qui servirait son territoire pour une attaque serait considéré comme un ennemi. Un responsable des Gardiens de la révolution a même menacé de bloquer le détroit d'Ormuz, un point névralgique pour le transport énergétique mondial.
D’après les derniers rapports des manifestations, l'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA) a recensé plus de 6,200 victimes dans le mouvement de contestation actuel. Le bilan comprend 5,856 manifestants, 214 membres de forces de sécurité, ainsi que d'autres personnes non impliquées dans les troubles.
HRANA a aussi indiqué qu’au moins 42,324 personnes avaient été arrêtées, la répression continue à se prolonger dans le pays. Un premier procès a également eu lieu à Téhéran contre un individu accusé d'avoir tué un policier lors des manifestations.
Néanmoins, l'enquête sur les droits humains demeure entravée par une coupure généralisée de l'Internet, mise en place depuis le 8 janvier. Les manifestations, initialement déclenchées par des grèves à Téhéran pour protester contre la dégradation économique, ont également été exacerbées par la réintroduction des sanctions internationales.







