Ce mercredi, un tribunal à Séoul doit rendre son verdict concernant Kim Keon Hee, l'ancienne première dame de Corée du Sud. La procureure a requis une peine de 15 ans de prison à son encontre pour corruption et divers actes frauduleux.
A 53 ans, Kim Keon Hee a été au coeur de plusieurs scandales durant la présidence de son mari, Yoon Suk Yeol, qui fait face à des accusations dans divers affaires pénales. Ce dernier a été destitué après une tentative controversée d'instaurer la loi martiale en 2024, et est actuellement incarcéré, attendant les résultats de multiples procès, dont l'un pourrait aboutir à une peine capitale.
Les accusations portées contre Kim incluent la manipulation de marchés, des violations électorales, ainsi que l'acceptation de présents luxueux de la fameuse Eglise de l'Unification, souvent qualifiée de secte, ainsi que de pots-de-vin s'élevant à près de 170.000 euros. En décembre dernier, les procureurs avaient fait état de la nécessité de rétablir l’ordre, affirmant que Mme Kim s’était "placée au-dessus des lois" et avait abusé de sa position.
Malgré ces graves allégations, l'ex-première dame maintient son innocence, qualifiant ces accusations de "profondément injustes". Même si elle a exprimé des regrets d’avoir causé des perturbations, elle se décrit comme une "personne sans importance" dans le schéma global des événements. En observant son rôle, elle a déclaré : "Il m’apparaît évident que j'ai commis de nombreuses erreurs" à la fin de son procès.
- Sac à main de luxe -
Le tribunal rendra son jugement à 14H00 (05H00 GMT). Connue pour son engagement en faveur des droits des animaux, Kim Keon Hee milite pour l’interdiction de la consommation de viande de chien en Corée. Cependant, ses controverses ont souvent pris le pas sur les initiatives politiques de son mari.
Une polémique notable remonte à 2023, lorsqu'un pasteur a filmé Kim recevant un sac à main Dior valant plus de 1.800 euros, déclenchant un scandale qui a nuit à la réputation de son mari et contribué à la chute de son parti lors des élections législatives d'avril 2024. En réponse aux tentatives parlementaires d’enquêter sur elle, M. Yoon a usé de son droit de veto à plusieurs reprises, y compris en novembre 2024, juste avant une autre tentative de loi martiale.
Le procès de Kim Keon Hee arrive également dans le sillage de la condamnation de l'ancien Premier ministre Han Duck-soo à 23 ans de prison, une décision sévère qui a étonné les observateurs politiques. Selon Park Sang-byung, un analyste, "compte tenu de la situation de Han, Kim pourrait faire face à une peine d'au moins dix ans, une estimation que certains jugent conservatrice".
L'enquête a également conduit à l'arrestation de Han Hak-ja, dirigeante de l'Eglise de l'Unification, qui continue d'influencer le paysage socio-économique en Corée du Sud avec son vaste empire financier.







