En Belgique, la consommation de bière est en réel déclin. D'après les dernières études, chaque Belge a réduit sa consommation de 121 litres par an en 1989 à seulement 57 litres en 2023. Les brasseurs sont désormais confrontés à des défis sans précédent, notamment une réduction de 30 000 pintes par an, ce qui pourrait bien être le signe d'une tendance à long terme, comme le rapporte le soir.be.
Gabriel, un jeune Bruxellois ayant décidé de se passer d'alcool, incarne ce changement générationnel croissant. Les cafés, traditionnellement prisés, semblent désormais accueillant les jeunes, mais sont principalement fréquentés par des touristes. Ce changement de comportements se manifeste également lors des repas de travail où les jeunes préfèrent des options sans alcool, indiquant une prise de conscience croissante concernant les effets du binge drinking, comme l'a confirmé Romain, un employé trentenaire.
Mais qu'est-ce qui explique cette évolution ? Plusieurs facteurs sont en jeu. La montée de la culture healthy incite de nombreux jeunes à adopter un mode de vie plus sain, réduisant ainsi leur consommation d'alcool. Louis, un amateur de sport, le souligne en déclarant : "L’alcool, c’est l’ennemi du sport". Des figures publiques, comme le vidéaste Tibo InShape, influencent également cette tendance, promouvant une image plus positive du fitness et d'un mode de vie sobre.
Les brasseurs tentent de réagir face à ce phénomène, en introduisant des bières moins alcoolisées et en diversifiant leurs activités. Olivier de Brauwere, un des cofondateurs de la brasserie Brussels Beer Project, souligne que 20 % de leur production est désormais dédiée aux bières sans alcool. Cependant, il est indéniable que le secteur traverse une période d'incertitude. Les prix des matières premières ont explosé, compliquant davantage la situation des brasseries, comme le note Le Monde.
Des personnalités de l'industrie, comme Matthieu Allain de la brasserie La Bagarre, se plaignent d'un manque de soutien de la part des autorités, alors même que la bière belge est classée au patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'UNESCO. Allain souligne : "Si on nous enlève la bière, que reste-t-il ?" Cette question résonne particulièrement dans un pays où la bière ne représente pas seulement une boisson, mais un véritable art de vivre.
La route est semée d'embûches pour le secteur. Non seulement les brasseries doivent faire face à un changement de consommation, mais elles portent aussi le poids d'une hausse des coûts et d'une concurrence accrue. Les autorités sont appelées à soutenir ce pilier de la culture belge, afin de garantir que ce patrimoine continue d'évoluer sans disparaître.







