Yassine, un Algérien résidant à Saint-Étienne, est en passe de perdre son droit de séjour, un choc particulièrement douloureux après qu'il ait été salué comme un héros en 2019. Ce père de famille de quatre enfants avait sauvé une femme d'une tentative de suicide dans le quartier Bellevue.
Le 13 janvier, Yassine a reçu un avis de rejet concernant sa dernière demande de titre de séjour, le laissant désemparé : "Je ne comprends pas, quel mal ai-je fait pour en arriver là ?" Depuis son arrivée en France en 2018, il a redoublé d'efforts pour s'intégrer. Bien qu'il ait obtenu une promesse d'embauche de la STAS, celle-ci n'a pas pu se concrétiser en raison de ses documents manquants. "J'ai reçu mon OQTF alors que je travaillais en CDI. C'est vraiment frustrant".
Son engagement bénévole à la Croix-Rouge a été souligné, avec des lettres de soutien envoyées à Emmanuel Macron, mais rien n'a changé pour Yassine. Il a encore des séquelles physiques de son acte héroïque, se rappelant comment il a maintenu la femme au bord du vide, souffrant de douleurs persistantes dans son bras gauche. En dépit de sa bravoure, il a déjà reçu plusieurs OQTF entre 2022 et aujourd'hui.
Âgé de 43 ans, Yassine est confronté à une situation désespérée. "Pourquoi la France souhaite-t-elle que je parte ?", se demande-t-il, une question que ses enfants aussi se posent. Leurs économies s'épuisent rapidement, et ils vivent grâce à la solidarité de leurs amis. Ayoub, un de leurs soutiens, décrit Yassine comme quelqu'un de "gentil et toujours souriant", qui cherche simplement un titre de séjour pour travailler et assurer un toit pour ses enfants.
L'histoire de Yassine n'est pas isolée. D'autres héros, tels que Mamoudou Gassama, qui a sauvé un enfant suspendu à un balcon, ont été accueillis en France avec des honneurs et une naturalisation rapide. Dans le cas de Yassine, la réalité semble plus cruelle, un paradoxe souligné par des experts en immigration. Alors que la France valorise et célèbre le courage, il est question de la manière dont elle traite ceux qui choisissent de contribuer à sa société.
Yassine conclut avec une réflexion : "J'ai sauvé une vie, cela devrait compter pour quelque chose. Mon acte était humanitaire, pas un moyen d'obtenir des documents. Je demande juste à être traité avec dignité et à rester avec mes enfants ici en France." Ces mots soulèvent des questions importantes sur la justice et l’humanité dans les politiques d'immigration actuelle.







