Les États-Unis, au cœur de tensions géopolitiques, ont durablement influencé l'Amérique latine par leurs interventions militaires. De la chute de Jacobo Arbenz en 1954 au coup d'État avorté contre Hugo Chavez en 2002, l'héritage de Washington continue de susciter des débats.
En 1954, le président guatémaltèque Jacobo Arbenz est renversé par des mercenaires soutenus par la CIA, soucieux de protéger les intérêts de la United Fruit Company. Un événement reconnu officiellement par les États-Unis dans les années 2000 comme une manœuvre contre le communisme. Selon un rapport du New York Times, cela marque le début d'une série de coups d'État et d'interventions dans la région.
Échecs et succès militaires : Cuba, République Dominicaine et au-delà
Les échecs notables incluent le débarquement à la Baie des Cochons en 1961, où 1.400 anticastristes formés par la CIA n'arrivent pas à destituer Fidel Castro. En 1965, l'intervention des Marines en République Dominicaine vise à étouffer un soulèvement pacifiste, illustrant la peur américaine du communisme dans la région.
À partir des années 1970, les États-Unis soutiennent diverses dictatures militaires, y compris celle d'Augusto Pinochet au Chili, une alliance contestée qui se justifie souvent par la lutte contre les mouvements de gauche. Le soutien apporté à la junte argentine dans les années 1970 est également souligné par des documents révélés, montrant un engagement tacite dans des violations des droits humains. Des estimations indiquent que plus de 10.000 opposants ont disparu pendant la "Sale Guerre" en Argentine, selon des ONG.
Des guerres civiles aux interventions militaires : un cycle de violence
Dans les années 1980, les États-Unis intensifient leurs efforts dans les guerres civiles en Amérique centrale, apportant un soutien clé aux Contras nicaraguayens contre le régime sandiniste. Des sources comme Le Monde rapportent que la guerre civile au Nicaragua a coûté environ 50.000 vies, tandis qu'au Salvador, le soutien militaire américain, sous Reagan, contribue à une guerre civile dévastatrice, bilant des dizaines de milliers de morts.
Interventions des années 1980 et 1990
Les événements à Grenade (1983) et au Panama (1989) soulignent un engagement américain continuellement justifié par la protection de citoyens américains et la lutte contre le narcotrafic. L'invasion de Panama aboutit à l'arrestation de Manuel Noriega, ancien collaborateur des services secrets américains, un tournant qui précipite des accusations d'hypocrisie envers les États-Unis.
Les conséquences de ces interventions sont encore ressenties aujourd'hui, alors que des analystes, comme le politologue Francisco Rodríguez, soulignent les cicatrices laissées par ces politiques sur le tissu social et politique de l'Amérique latine. Les sentiments anti-américains persistent, alimentés par une mémoire collective traumatisée par des décennies d'ingérence.
En conclusion, les interventions militaires des États-Unis en Amérique latine révèlent des dynamiques complexes qui dépassent la simple lutte contre le communisme. Une histoire marquée par le soutien aux dictatures, les guerres civiles et les opérations militaires, continue de façonner le paysage politique de la région, alors que les voix s'élèvent pour revendiquer un avenir différent.







