Le 7 octobre 2023 a marqué une tragédie pour de nombreux Israéliens, mais il a également catalysé un intérêt croissant pour la langue arabe. Selon l'établissement spécialisé Madrassa, le nombre d'inscriptions aux cours d'arabe a augmenté, reflétant à la fois le besoin de compréhension et un désir de paix au milieu de tensions accrues.
Eran Tzidkiyahu, un chercheur en sciences politiques, partage cette ambivalence : "Je pleure pour ceux que j'ai perdus et pour ceux qui souffrent à Gaza". Ses conversations en arabe avec son ami Omar, un Palestinien, mettent en lumière une aspiration à établir des ponts. Ce double héritage culturel est significatif pour une partie des Juifs israéliens, dont beaucoup sont issus de pays arabophones.
Gilad Sevitt, directeur de Madrassa, explique que l'intérêt pour la langue ne se limite pas à un profil spécifique, touchant tous les âges et milieux. Parmi les 200 000 élèves, Dan, un ingénieur civil de 63 ans, témoigne de son besoin de créer des liens avec ses voisins Arabes. Ce désir de communication va au-delà des préjudices souvent associés aux relations israélo-palestiniennes.
Le climat post-7 octobre a cependant engendré des inquiétudes. Dan, après avoir exprimé ses craintes d'être perçu comme un Arabe, a néanmoins choisi de poursuivre son apprentissage. "Il faut continuer à dialoguer", affirme-t-il. Ce sentiment de nécessité est également partagé par d'autres, comme Daniel Hasson, qui dirigent des programmes interculturels à Jérusalem.
Les apprentissages linguistiques en Israël sont souvent teintés par une approche sécuritaire, comme l'affirme Yonatan Mendel, professeur d'études moyen-orientales. La langue est habituellement apprise dans un cadre militaire, limitant ainsi une compréhension plus profonde et humaniste. "Des études montrent qu'environ 2,6 % des Juifs israéliens peuvent lire un journal en arabe", mentionne-t-il.
Eran, malgré son refus de répondre aux exigences de l'armée, a choisi d'écouter la douleur palestinienne en apprenant l'arabe. Cela montre une volonté croissante de dépasser le récit unidimensionnel et d'aborder la réalité sous plusieurs angles. Selon *Le Monde*, cette version moderne de l'apprentissage linguistique représente un mouvement significatif vers la réhumanisation des relations entre les deux peuples.
Avec un monde en constant changement, la langue arabe devient un symbole d'identité et d'espoir, un moyen d'atteindre une coexistence pacifique et d'écrire une nouvelle histoire commune.







