Alors que l'absence de vaccin et de traitements spécifiques contre les hantavirus persiste, la communauté scientifique internationale redouble d'efforts pour comprendre et combattre ces virus. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a enregistré depuis 2020 seulement une quinzaine d'essais cliniques, illustrant l'urgente nécessité d'avancer dans ce domaine. Le hantavirus Andes, réputé pour sa létalité élevée, atteignant 40%, fait l'objet de projets axés sur les technologies d'ARN et les anticorps monoclonaux.
L'hantavirus suscite une attention croissante de la part des autorités sanitaires. En dépit du manque de traitements spécifiques, quel état des lieux peut-on dresser de la recherche sur ces pathogènes rares, mais potentiellement mortels ?
Répandus à l’échelle mondiale, les hantavirus, transmis par les excréments et la salive des rongeurs, peuvent entraîner des maladies respiratoires aiguës ou des défaillances rénales mortelles. Pourtant, à l'heure actuelle, il n'existe ni vaccin ni traitement vraiment efficace, en particulier pour le virus des Andes, qui peut rapidement évoluer vers un syndrome de détresse respiratoire aiguë.
Des recherches encore limitées
Les options de traitement actuelles se concentrent sur la prise en charge des symptômes. Dans les cas les plus graves, comme celui d'une citoyenne française hospitalisée à Paris, des dispositifs permettant l'oxygénation du sang peuvent être indispensables. L'Institut Pasteur déclare que "les recherches sur les diagnostics spécifiques des hantavirus restent limitées" et que les développements de vaccins sont souvent à un stade embryonnaire.
Selon l'OMS, la rareté des cas annuels pose un défi majeur : "Développer un vaccin pour une centaine de cas par an semble complexe", souligne Odile Launay, infectiologue à l'Université Paris Cité. Néanmoins, certains projets, comme un essai de vaccin à ADN aux États-Unis, donnent de l'espoir, tandis que d'autres équipes explorent des solutions basées sur l'ARN.
Un vaccin inactivé existe en Chine et en Corée du Sud pour d'autres souches, mais son efficacité contre le virus des Andes reste à prouver, comme l'indique le virologue Olivier Schwartz.
Versant antiviraux et anticorps
Actuellement, aucun antiviral ne s'est montré efficace contre le syndrome pulmonaire provoqué par le hantavirus. Cependant, des équipes de recherche explorent des traitements basés sur des anticorps. Le transfert de plasma humain contenant des anticorps spécifiquement contre le virus des Andes a déjà montré des résultats prometteurs en termes de réduction de mortalité, mais ces résultats restent à valider.
Comment se protéger
En l'absence de vaccins efficaces, des mesures de prévention sont primordiales. Comme le rappelle le Dr Xavier Lescure de l'Hôpital Bichat – Claude-Bernard, "le port du masque et le lavage des mains constituent des barrières essentielles face à la transmission". Une vigilance s'impose alors que la recherche continue d'explorer des voies thérapeutiques pour contrer cette menace sanitaire.







