Un récent rapport du quotidien britannique The Guardian décrit la visite d'une équipe de Médecins sans frontières (MSF) dans les décombres d'un hôpital à Lankien, dans l'État de Jonglei, au Soudan du Sud. L'ONG tire la sonnette d'alarme concernant une "vague de violence" ciblant les infrastructures de santé, faisant craindre le réchauffement d'une guerre civile étouffée depuis 2018.
Au-dessus de la ville de Lankien, un hélicoptère survole les vestiges d'un centre de soins qui a été géré pendant plus de trente ans par MSF. Le 3 février dernier, cet établissement a été la cible d'un bombardement par l'armée gouvernementale, suivi d'un incendie perpétré par des inconnus.
Actuellement, cet hôpital est devenu le symbole d'une résurgence des violences au Soudan du Sud, laissant présager un retour imminent au conflit. The Guardian a rapporté que cette mission est la première pour MSF depuis la fermeture de l'hôpital, qui a eu lieu dix semaines auparavant. "Découvrir l’ampleur des destructions est choquant, même pour les humanitaires habitués aux zones de guerre" a confié un membre de l'équipe.
Au cœur des ruines
Équipé de 80 lits et offrant des services de maternité et de pédiatrie, l’hôpital de Lankien était le seul centre de santé de la région pouvant fournir des soins vitaux. "Environ 250 000 personnes en dépendaient", indique Yashovardhan, chef de mission de MSF. En ce moment, il déclare que "tout est détruit", observant les ruines témoignant d'un acte intentionnel de destruction.
Les restes de matériel médical, de documents et d'appareil électriques sont mélangés dans les décombres. "Il ne reste plus un seul lit, une seule chaise ni un seul bureau", déplore-t-il.
The Guardian a également détaillé l'évacuation de l'hôpital, survenue juste avant le bombardement, qualifiant l'attaque d'intentionnelle. "C’était clairement planifié pour nous obliger à fermer définitivement", a affirmé un représentant de l'ONG dans un communiqué.
À son tour, MSF a souligné que cette attaque n'est pas un cas isolé, mais plutôt un élément d'une "tendance inquiétante de violences contre les soins de santé au Soudan du Sud". L'hôpital de Lankien est le quatrième à avoir dû fermer ses portes dans le pays depuis 2025.
Trente-trois hôpitaux détruits
Dans les rues de Lankien, les tulkul calcinées mettent en lumière la brutalité du conflit, alors que les tensions entre l’armée gouvernementale, le SSPDF, et le Mouvement populaire de libération du Soudan en opposition (SPLM-IO) continuent de s’intensifier. Cette violence met en lumière l'échec de l'accord de paix signé en 2018.
Selon un rapport de l'ONU, plus de 304 000 personnes ont été déplacées de Jonglei depuis décembre 2025 à cause de cette instabilité croissante. MSF a constaté de son côté 18 frappes aériennes et la destruction de 33 établissements de santé entre janvier et mars 2026, laissant 1,4 million de personnes sans accès aux soins, d'après OCHA.







