Mercredi, une centaine d'agriculteurs de la Confédération paysanne a fait irruption dans une annexe du ministère de l'Agriculture à Paris, occupant les lieux pendant une heure avant d'être évacués, rapportent des journalistes de l'AFP.
Une vingtaine de manifestants ont été arrêtés, y compris les trois porte-parole nationaux du syndicat, confirme la Confédération paysanne en fin d'après-midi.
Après 16 heures, les manifestants, rassemblés au sein de la direction générale de la performance économique, à proximité de l'entrée du ministère dans le 7e arrondissement, ont déployé une banderole avec le message : "L'agriculture, on veut en vivre, pas en mourir".
Parmi les participants, des agriculteurs venus d'Outre-mer ont exprimé leur solidarité envers leurs pairs, dénonçant la politique agricole du gouvernement, ainsi que le détournement des subventions publiques par une minorité d'exploitants et de grands groupes agroindustriels.
Fanny Métrat, porte-parole de la Confédération paysanne, a proposé une "décolonisation de l'agriculture" et a exigé la fin de la co-gestion jugée inacceptable avec la FNSEA (principal syndicat agricole) et le ministère de l'Agriculture.
Cette action survient alors que le gouvernement a récemment annoncé une "loi d'urgence agricole" centrée sur des problématiques telles que la prédation, l'accès à l'eau et les moyens de production, en réponse aux demandes de l'alliance FNSEA-Jeunes agriculteurs, qui domine le paysage syndical agricole.
La FNSEA, ayant longtemps été le seul interlocuteur des pouvoirs publics, est régulièrement critiquée par d'autres syndicats pour son influence sur l'agenda gouvernemental. "La FNSEA arrive avec sa liste de courses et est remerciée par le Premier ministre", a dénoncé Stéphane Galais, porte-parole de la Confédération paysanne, évoquant l'entrée à Paris de plus de 350 tracteurs escortés par les forces de l'ordre.
"Alors que la FNSEA mobilise 400 tracteurs et est accueillie en grande pompe par le Premier ministre, nous subissons la répression chaque fois que nous nous faisons entendre", a ajouté Thomas Gibert, également porte-parole du syndicat.
Cette mobilisation intervient après l'interpellation de Thomas Gibert et Stéphane Galais au pied de l'Arc de Triomphe, où ils attendaient six tracteurs de leur syndicat après une opération escargot sur le périphérique.







