Une mauvaise nouvelle frappe la start-up française Naarea, spécialisée dans les mini-réacteurs nucléaires. Le groupe polonais et luxembourgeois Eneris a décidé de se retirer de son offre de reprise, laissant l'avenir de l'entreprise en grand danger. À la veille de la décision du tribunal des activités économiques de Nanterre, cette annonce a suscité des inquiétudes concernant une possible liquidation judiciaire.
Naarea, fondée en 2020, a levé 90 millions d'euros, dont 10 millions d'euros provenant du plan d'investissements France 2030. L'entreprise a pour objectif de développer un mini-réacteur à sels fondus capable de produire de l'électricité et de la chaleur décarbonée à partir de combustibles d'uranium usés. Ce projet de mini-réacteurs de type SMR (small modular reactors) et AMR (advanced modular reactors) est crucial pour la transition énergétique de la France, surtout dans le contexte de la recherche de solutions durables pour l'industrie.
Cependant, malgré l'intérêt stratégique et le soutien initial de l'État français, la filière peine à se développer en raison de lourdes dettes et d'un manque de financements privés et publics. Le retrait d'Eneris, justifié selon eux dans un courrier au tribunal, complique davantage la situation. Avec une dette accumulée de 15 millions d'euros, Naarea a été placée en redressement judiciaire depuis le 3 septembre, attendant désespérément un nouveau signal de soutien de l'État, qui pourrait redynamiser les investissements privés et rassurer les parties prenantes.
Les experts mettent en avant les défis majeurs auxquels le secteur nucléaire innovant est confronté en Europe. Selon un rapport de Euractiv, sans un soutien financier renforcé et des politiques claires, des start-up prometteuses comme Naarea pourraient disparaître. L'annonce du retrait d'Eneris a déjà provoqué des réactions dans le monde économique, où beaucoup craignent que cela n’effrite la confiance des investisseurs dans le secteur nucléaire, déjà fragilisé par des incertitudes réglementaires et économiques.
Dans un climat aussi tendu, l'avenir pour Naarea semble incertain. Le tribunal devra désormais examiner les arguments de l'entreprise et décider de son sort, un choix qui aura des répercussions sur l'ensemble de l'industrie nucléaire française.







