Lors du comité syndical du Smicval, réuni le 3 mars à Saint-Denis-de-Pile, les élus ont voté le budget 2026 et la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (Teom), dans une ambiance particulièrement tendue. Les discussions ont révélé des désaccords notables concernant la hausse de la Teom et les modifications apportées à la collecte.
Le vote sur la délibération, essentielle pour établir les taux de Teom, a été adopté avec 8 votes contre et 4 abstentions, suivi par le budget qui a recueilli 4 votes contre et 10 abstentions. Pour 2026, le Smicval prévoit de percevoir 40,6 millions d’euros de ses communes membres, représentant une hausse de 1,21 million d’euros par rapport à l’année précédente (+ 3,07 %).
19 zones fiscales différenciées
Cette augmentation permettra de soutenir le service public de gestion des déchets, surtout dans un contexte où certaines charges, comme la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP), augmentent. Le Smicval a instauré 19 zones fiscales distinctes pour mieux cibler la fiscalité selon les services rendus. Selon les nouvelles analyses financières, le coût par habitant en 2026 s’élèvera à 171,30 euros dans les zones avec points d’apport collectifs, et jusqu’à 201,60 euros dans d'autres secteurs impliqués dans des accords spécifiques avec des collectivités locales.
La distinction entre zones a suscité des inquiétudes. Alors que certaines communes avec points d’apport collectifs bénéficieront d’une baisse des coûts, d’autres pourraient subir des augmentations significatives. Par exemple, des communes ayant encore un système de collecte porte-à-porte pourraient voir leur facturation grimper de 10 euros à 12 euros par habitant.
Jugement mitigé sur la gestion budgétaire
Jean-Pierre Duez, rapporteur du budget, a souligné que l’année 2026, étant électorale, devait servir à établir une continuité et une stabilisation des services. Toutefois, cette justification n’a pas suffi à apaiser les élus critiques, pour qui la fiscalité est en constante augmentation malgré des efforts d’optimisation. Jean-Philippe Le Gal, représentant de La Cali, a commenté que les augmentations des charges sont difficilement justifiables après six hausses de la Teom en l’espace de six ans.
Face à ces reproches, le président du Smicval, Sylvain Guinaudie, a défendu la transparence du budget. Il a affirmé que ce dernier répondait aux exigences de la comptabilité analytique et que des délais étaient nécessaires pour permettre aux collectivités d’intégrer ces nouvelles données dans leurs propres budgets. Cependant, cette perspective a été accueillie avec scepticisme par plusieurs élus, préoccupés par le manque de temps pour une évaluation adéquate avant le vote.
Ce débat témoigne de l’enjeu toujours délicat de la gestion des déchets dans la région de Gironde, où les tensions entre élus et citoyens se font particulièrement ressentir.







