Le colonel Michaël Randrianirina, nouveau leader malgache, met le cap sur l'Elysée ce mardi après des visites internationales en Russie et en Afrique du Sud. Cette rencontre avec Emmanuel Macron marque une volonté de renouveler et de cimenter les relations entre Madagascar et la France.
La présidence française a affirmé : "Consolider les liens politiques est essentiel, en particulier avec Madagascar, qui demeure une priorité en Afrique". Un espace maritime stratégique et une richesse de ressources naturelles font de cette île une convoitise pour de nombreux pays, émergeant ainsi comme une plaque tournante géopolitique.
La France s'efforce de créer un partenariat plus égalitaire, loin des sables mouvants du passé colonial, tout en cherchant à maintenir son influence face à la montée de pays tels que la Chine ou la Russie. De son côté, le président Randrianirina souhaite diversifier sa diplomatie pour éviter une dépendance envers Paris, une orientation déjà amorcée sous son prédécesseur, Andry Rajoelina.
Positionné comme "président de la Refondation de la République", il est confronté à des défis socio-économiques majeurs. Interrogé avant son départ, il a précisé que ses visites en Russie et en France sont indépendantes : "Chaque pays a lancé une invitation à laquelle nous répondons".
"Notre politique diplomatique vise à établir des relations profitables pour le peuple malgache", a-t-il déclaré, témoignant de sa volonté d’initier une nouvelle ère de coopération. À Moscou, il a d’ailleurs annoncé un partenariat renforcé, avec la présence d'instructeurs militaires russes sur l'île.
Cette dynamique suscite un certain intérêt à Paris, même si les autorités restent vigilantes. Samuel Sanchez, historien à la Sorbonne, évoque les relations passées entre Madagascar et l'Union soviétique, soulignant que de nombreux militaires malgaches ont été formés dans le Bloc de l'Est. "Le nouveau président semble embrasser une diplomatie élargie, cherchant à capitaliser sur la compétition géopolitique actuelle".
Bien que cette diversification soit une initiative louable, Sanchez met en lumière les enjeux : "Actuellement, plus de 30% des exportations de Madagascar vont vers l'Union européenne, dont une part significative vers la France. En revanche, les échanges avec la Russie sont marginaux".
En somme, la France sait qu'elle doit s'adapter à cette nouvelle réalité et éviter le délitement des liens historiques. Les diplomates expriment une certaine crainte face à l’emprise russe, rappelant que l'installation de forces étrangères pourrait devenir difficile à inverser si jamais leur présence s'avérait problématique.







