Dans une lettre rendue publique par BFMTV, les ministres de l’Économie et de l’Énergie, incluant le ministre Roland Lescure, ont demandé à la Commission européenne d’initier une enquête sur les marges des raffineries. Cette requête intervient alors que les prix des carburants, notamment le gazole et le kérosène, connaissent une flambée, exacerbée par le contexte géopolitique tendu au Moyen-Orient.
Les responsables français mettent en lumière la « forte hausse » des frais de production, signalant que les marges des raffineries ont atteint des niveaux records depuis février dernier, supérieurs à ceux observés durant la période de crise énergétique de 2022-2023. Selon les estimations rapportées par nos confrères, la marge brute de raffinage sur le pétrole Brent aurait explosé à « 192,68 euros par tonne » au cours de la semaine du 20 mars, comparativement à une moyenne de « 36,66 euros » en début d’année.
Consolider l’outil de raffinage européen
Pour les autorités françaises, la montée en flèche des marges soulève des préoccupations majeures, les consommateurs en étant directement affectés. Celles-ci appellent à une transparence accrue concernant la formation des prix des produits raffinés. Paris souhaite que l’Europe mène des investigations sur d’éventuelles pratiques anticoncurrentielles, visant en priorité les raffineries.
Les ministres suggèrent également de « réfléchir à des mesures pour renforcer l’outil de raffinage européen à court terme », dans un souci de sécurité d’approvisionnement pour l’Union européenne, tout en restant en phase avec les objectifs de décarbonation à long terme, comme l’a rapporté BFMTV.
Éviter les abus
Début avril, Roland Lescure avait déjà fait écho à ces préoccupations dans l'émission "C à vous" sur France 5, soulignant l'importance de s'assurer qu'il n'existe pas "d'abus" parmi les raffineries européennes. Cette déclaration faisait suite aux commentaires du dirigeant du Groupement Mousquetaires/Intermarché, Thierry Cotillard, qui avait exhorté le gouvernement à convoquer les raffineurs, dont TotalEnergies. Ce dernier avait présumé que TotalEnergies avait récemment acquis un nombre conséquent de cargaisons de pétrole à bon prix. Un rapport du Financial Times a mentionné que le groupe aurait tenté de s'emparer de la quasi-totalité des cargaisons exportables en provenance du Moyen-Orient. Bien que TotalEnergies n’ait pas commenté ces allégations, elles soulèvent des questions quant à la répartition des bénéfices dans un marché en crise.







