Le groupe de luxe français Kering a révélé jeudi son programme de relance visant à regagner la faveur des clients et des investisseurs, après une période marquée par des difficultés, notamment liées à sa marque phare, Gucci.
Lors d'une présentation à Florence, le directeur général Luca de Meo a souligné l'importance cruciale de Gucci, qui représente environ 40 % des ventes annuelles du groupe, mais a connu une chute alarmante depuis 2023. Des analystes du secteur, cités par Le Monde, attribuent cette désaffection à des problèmes de qualité et à une surabondance de pièces de streetwear, ce qui contraste avec d'autres marques de luxe qui privilégient la rareté.
Luca de Meo a promis une « montée en gamme de la qualité » des produits de Gucci, insistant sur la nécessité de rendre cette marque « à nouveau incontournable ». « En un clin d'œil, il faut que l'on puisse reconnaître Gucci, sans pour autant recouvrir le monde de logos », a-t-il affirmé.
Kering, qui possède également des marques telles qu'Yves Saint Laurent et Bottega Veneta, vise à générer un milliard d'euros de revenus supplémentaires dans la maroquinerie d'ici 2030, selon les déclarations de son PDG. Cet objectif a été salué par des experts, qui estiment qu'un retour à la qualité pourrait être la clé du renouveau de Gucci.
Les ventes de Gucci ont connu une baisse de 14 % au premier trimestre, atteignant 1,35 milliard d'euros. Dans ce contexte, Kering annonce des mesures ciblées pour l'ensemble de ses marques sur le marché chinois, un marché crucial pour le luxe. Le groupe envisage d'augmenter ses budgets marketing tout en fermant certains points de vente, selon Business of Fashion.
Dans un communiqué, Kering a précisé qu'il ambitionne de doubler sa marge opérationnelle d'ici quelques années pour atteindre au moins 22 % de son chiffre d'affaires, rivalisant ainsi avec le géant LVMH. Le groupe prévoit également une phase de croissance durable d'ici la fin de 2028.
Kering souhaite allouer entre 5 et 6 % de son chiffre d'affaires au développement durable, en mettant l'accent sur la « désirabilité » des produits, un aspect jugé essentiel pour attirer les consommateurs. De plus, l'entreprise envisage des acquisitions visant à renforcer ses savoir-faire et à sécuriser ses approvisionnements en matières premières.
Face à un ralentissement général du marché, exacerbée par une demande déclinante en Chine, Kering n'a pas réussi à rassurer les investisseurs. À la Bourse de Paris, l'action a reculé de 1,91 % à 249,45 euros, accentuant une chute de 9,29 % expérimentée la veille après la publication des résultats du premier trimestre. Cette situation soulève des interrogations sur l'efficacité du plan présenté et l'avenir de Kering dans un marché en pleine mutation.







