Un rapport d'inspection récemment publié souligne les dangers de faillite qui pèsent sur plusieurs établissements d'enseignement supérieur privés en cette année, en mettant en avant des contrôles jugés « défaillants » par les autorités. Les inspections générales des affaires sociales (Igas) et de l'éducation (IGESR) alertent sur un cadre insuffisant pour protéger les étudiants, et prévoient la continuation de ces défaillances dans les mois à venir.
Selon le rapport, plus de 400 000 étudiants dans le secteur lucratif privé pourraient être impactés par cette situation alarmante. Les inspecteurs appellent les pouvoirs publics à œuvrer pour un meilleur accompagnement des étudiants tout au long de leur parcours.
Une course à la rentabilité problématique
Il est souligné que la croissance rapide du secteur privé est souvent accompagnée d'un recours excessif à l'endettement. La pression pour atteindre une rentabilité accrue pousse ces établissements à générer des bénéfices constants, ce qui renforce leur vulnérabilité financière. Comme le rapport le note, « Les niveaux de dette observés exposent certains groupes à des fragilités financières accrues ».
Cette enquête a été lancée suite à la publication du livre « Le Cube » de Claire Marchal, qui dénonçait des pratiques douteuses comme des frais non remboursables et une qualité d'enseignement dégradante dans des écoles telles que Galileo Global Education. Les inspections ont examiné ce groupe, ainsi que Collège de Paris, tandis que la portée de leur rapport est élargie à l'ensemble du secteur.
Un constat préoccupant
Les inspecteurs déclarent que « la qualité d’un grand nombre de formations délivrées apparaît insuffisante ». Le manque d’une vision d’ensemble sur le secteur complique les stratégies d’évaluation et de contrôle, laissant de nombreux étudiants face à des promesses non tenues et un cadre d'étude dégradé. Pour contrer cela, ils ont formulé 32 recommandations.
Parmi celles-ci, il est demandé aux groupes financiers, en cas de risque de fermeture, de soumettre un plan pour garantir la continuité des études des étudiants. Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a exprimé un soutien quasi-total aux recommandations de ce rapport, qui coïncident avec un projet de loi déjà présenté au Sénat. « Le but est d’éliminer les pratiques frauduleuses qui nuisent à la réputation de l’enseignement privé », a-t-il déclaré.
Cette situation soulève des préoccupations non seulement sur la qualité de l’enseignement dans ces établissements, mais aussi sur l’avenir des étudiants qui y sont inscrits. Le rapport met en exergue la nécessité d'une régulation accrue pour éviter que des fraudes similaires n'ébranlent davantage ce secteur déjà fragilisé.







