Les récentes conclusions d'un rapport d’inspection révèlent des lacunes inquiétantes au sein des établissements d'enseignement supérieur privé, particulièrement ceux à but lucratif. Ce document, publié par les inspections générales des affaires sociales (Igas) et de l’éducation (IGESR), met en lumière des problèmes graves allant d’une qualité insuffisante des formations à une transparence presque nulle sur l'utilisation des fonds publics.
Selon le rapport, qui fait suite aux revirements dans la réglementation du secteur, de nombreux établissements risquent la faillite cette année. Ce message d’alerte suggère que la situation ne va pas s’améliorer, les inspections indiquant que les défaillances « devraient se poursuivre dans les mois à venir ». Ainsi, environ 15% des 400 000 étudiants de ce secteur se retrouvent à risque en raison d'une « vitrine commerciale trompeuse » et de manquements pédagogiques qui les exposent à de faux espoirs d'insertion professionnelle.
Le texte souligne les répercussions du recours excessif à l'endettement par ces établissements, combiné à la nécessité de rentabilité. Les équipes d'inspection ont noté que la dynamique de croissance observée depuis 2018 a entraîné des dérives, comme des frais non remboursables et des classes surchargées. L'ouvrage Le Cube de Claire Marchal avait déjà mis en avant ces problématiques, notamment les pratiques discutables de groupes comme Galileo Global Éducation.
Dans une déclaration au journal Les Échos, le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste s'est montré favorable aux recommandations du rapport, qui s'alignent sur sa proposition de loi pour réguler le secteur. « Notre but est d'écarter les établissements malhonnêtes qui ternissent l'image du secteur », a-t-il affirmé.
Les inspections appellent à des mesures concrètes, telles que l'élaboration de plans de soutien pour les étudiants en cas de fermeture d’établissement, l'interdiction des appellations trompeuses comme « bachelor » ou « mastère », et une transparence renforcée sur les résultats d’insertion. Ces recommandations, si elles sont mises en œuvre, pourraient permettre de rétablir la confiance des étudiants dans les diplômes délivrés par ces institutions.
Le rapport présente donc une occasion de réforme essentielle pour un secteur en pleine mutation. Il est à espérer que la discussion prévue à l'Assemblée nationale en septembre prochain permettra d’instaurer des règles plus strictes et de garantir une meilleure protection des étudiants dans l'enseignement supérieur privé.







