La fragilité du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz : tensions entre Washington et Téhéran

L'accord américano-iranien suscite des inquiétudes sur la sécurité maritime.
La fragilité du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz : tensions entre Washington et Téhéran
Des navires au large de la plage de Suru, à Bandar Abbas, dans le détroit d'Ormuz, le 1er juin 2026. Crédit : AMIRHOSSEIN KHORGOOEI / ISNA / AFP

La reprise du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, une artère stratégique du commerce mondial, demeure précaire. Malgré l’accord signé la semaine dernière entre les États-Unis et l'Iran, de vives tensions perdurent. Téhéran envisage d'imposer des frais liés à la sécurité et à l'environnement pour l'utilisation de ce passage clé, une initiative qui n'est pas du tout du goût de Washington et de ses alliés européens.

Ce protocole stipule qu'aucun péage ne sera appliqué pendant les 60 jours de négociations à venir. Cependant, au-delà de cette période, l'incertitude plane. En effet, le président américain, Donald Trump, a exprimé son refus catégorique de la mise en place de péages, pointant du doigt les répercussions économiques que cela pourrait engendrer.

Des analyses de France 24 indiquent que le gouvernement iranien affirme que la gestion de la navigation dans cette voie stratégique ne pourra plus être la même après la guerre qu'avant. Bien que Téhéran ne souhaite pas imposer un péage pour chaque navire transitant, il thématique plutôt le paiement pour des services de sécurité et de protection environnementale, inspiré par le modèle appliqué par la Turquie au Bosphore et aux Dardanelles.

De plus, le sultan d’Oman, dont le pays partage le détroit avec l'Iran, discute actuellement avec Téhéran des potentielles facturations pour les services administratifs liés à la sécurité du détroit. Lors de sa visite officielle à Paris ce week-end, il est probable qu'Emmanuel Macron s’informe sur ces thématiques.

Une affaire de gros sous

Bien que l'idée d'un péage soit illégale selon le droit maritime international, Téhéran y voit une opportunité économique incontournable. La guerre a fortement endommagé ses infrastructures industrielles et de défense, et le coût pour les restaurer est estimé entre 300 et 400 milliards de dollars. Par ailleurs, les calculs de l'Iran prévoient que l'imposition de droits de passage potentiels dans le détroit pourrait rapporter environ 40 milliards de dollars par an, une somme considérable pour un pays en quête de relèvement économique.

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