Lorsque les températures montent en flèche, l'acier des rails a tendance à se dilater et à se déformer. Dans certaines cabines, les conducteurs font face à des conditions exténuantes, et les transports en commun subissent des perturbations notables.
Les infrastructures et le matériel roulant sont véritablement mis à l'épreuve, nécessitant une réaction rapide des équipes de maintenance, comme l'ont souligné RATP et SNCF dans une récente déclaration à l'AFP.
Mercredi après-midi, un rail de la ligne 6 du tramway Viroflay-Chatillon-Montrouge a commencé à se dilater à Velizy (Yvelines, sud de Paris). Ce phénomène a provoqué un arrêt complet du trafic jusqu'à jeudi après-midi pour effectuer des réparations d'urgence, comme l'a annoncé la RATP.
Les équipes de maintenance ont travaillé toute la nuit pour remplacer plusieurs mètres de rails. Pendant ce temps, la RATP a mis en place des bus de substitution pour minimiser les désagréments pour les passagers.
Lorsque les températures de l'air frôlent les 40°C, celles des rails peuvent atteindre jusqu'à 60°C, selon SNCF Réseau, l'organisme chargé de l'entretien des voies ferroviaires en France.
Depuis plusieurs années, la SNCF a instauré un "plan canicule" visant à coordonner les actions face à un climat qui pourrait se réchauffer de 4°C. Ce plan est actualisé chaque année et prend également en compte d'autres événements climatiques tels que les inondations et les glissements de terrain.
Au quotidien, des équipes de SNCF Réseau surveillent les infrastructures, se rendant sur place jour et nuit en fonction des prévisions de Météo France.
La chaleur n'affecte pas seulement les rails. Les systèmes de signalisation électronique sont protégés de la chaleur grâce à des climatiseurs dans les locaux sensibles. Les caténaires, qui distribuent l'électricité le long des rails, peuvent également se détendre par forte chaleur, nécessitant l'utilisation de poulies et contrepoids pour maintenir leur tension. En cas de défaillance, l'électricité est interrompue, causant des arrêts imprévus.
Le PDG de la SNCF, Jean Castex, a récemment confirmé que des incidents survenus au nord de Lyon, où deux TGV contenant environ 1 000 passagers ont été immobilisés, étaient directement dus à la canicule. Les perturbations qui ont suivi ont eu un impact considérable sur le réseau dans le sud-est, entraînant des retards importants.
Les conséquences des vagues de chaleur sont parfois paradoxales : une voyageuse essayant d'assister un passager incommodé par la chaleur a été verbalisée pour avoir ouvert une porte d'un train Ouigo privé de climatisation. Bien que l'agent ait estimé que ce geste était dangereux, la polémique sur ce geste a conduit la SNCF à annuler l'amende.
À Paris, lorsque la température des rails atteint 57°C, la vitesse des métros est réduite pour garantir la sécurité des passagers.
Durant l'été, des relevés quotidiens de température des rails sont effectués à la RATP, qui a aussi instauré des capteurs connectés pour suivre la température en temps réel sur certaines parties du réseau aérien.
Concernant le personnel, pour atténuer la chaleur, la RATP a permis le port de bermudas ou jupes pour les conductrices. De plus, des "gilets rafraîchissants" et des semelles spéciales ont été expérimentés pour les agents circulant sur le ballast, particulièrement chaud en été.
Le matériel roulant plus ancien, comme les voitures Corail d'Intercités, ne sont plus adaptés à ces conditions extrêmes. La SNCF a dû annuler une trentaine de ces trains sur des lignes clés notamment entre Paris et Clermont, en raison de la difficulté de maintenir une climatisation adéquate.
Fabien Villedieu, secrétaire fédéral du syndicat Sud-Rail, a exprimé sa frustration, déclarant : "C'est hallucinant d'avoir encore des trains des années 80 qui circulent." Cependant, Philippe Tabarot a souligné qu'il y aurait tout de même 30 000 trains en circulation normalement pendant cette période.







