Le ministre de l'Intérieur, Sébastien Lecornu, a récemment exprimé son souhait d'initier un "changement d’échelle de la réponse" face aux défis croissants du narcotrafic. Lors d'une première réunion d'un comité interministériel sur le sujet, il a souligné que la criminalité organisée a évolué, prenant des dimensions nouvelles et complexes, relayé par des sources proches de Matignon.
"Les propositions qui ont été avancées sont techniques mais jugées insuffisantes. Un changement de braquet est nécessaire. L'exécutif va s'impliquer activement dans cette lutte, qui ne peut pas reposer uniquement sur le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, ni sur le garde des sceaux, Gérald Darmanin", a déclaré Lecornu, selon les mêmes sources. Cette volonté d'engagement collectif a été appuyée par l'entourage du Premier ministre.
"Le compte n'y est pas", a-t-il insisté. Cependant, il a précisé qu'il ne s'agissait pas de recadrer les deux ministres, mais de souligner que ce dossier ne peut être géré isolément par leur seule compétence.
Le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, a aussi été désigné comme une figure clé dans ce combat, s'engageant à évaluer la situation dans les établissements scolaires, qui doivent faire face à la réalité du narcotrafic parmi les jeunes.
Un second comité interministériel se tiendra "prochainement" avec l'intention d'adopter une méthode différente dans l'élaboration des réponses. L'exécutif, ayant tenu plusieurs réunions de crise à l'Élysée, s'applique à mobiliser l'ensemble des membres du gouvernement pour affronter ce fléau croissant.
Laurent Nunez a plaidé, depuis plusieurs semaines, pour une action intégrée et globale, affirmant que cette "guerre", comme il la désigne, ne peut rester l'apanage d'un seul ministère.
Depuis le début de l'année, le gouvernement a été confronté à une série de meurtres liés aux trafics de drogue, avec une présence de plus en plus inquiétante des mineurs dans ces affaires, tant en tant que victimes que perpétrateurs.
Les ministres réunis ont fait état des "profondes mutations" en cours dans la criminalité organisée, marquée par sa mondialisation, sa numérisation, et une évolution des caractéristiques démographiques des acteurs impliqués, qui sont de plus en plus jeunes.
Au total, douze ministres étaient présents à cette réunion, notamment Laurent Nunez (Intérieur), Jean-Pierre Farandou (Travail), Gérald Darmanin (Justice), Édouard Geffray (Éducation) et Jean-Noël Barrot (Affaires étrangères), ainsi que la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon.







