Dans un retournement marquant, la cour d'appel de Paris a jugé jeudi qu'Air France et Airbus étaient coupables d'homicides involontaires suite au crash tragique du vol Rio-Paris, survenu en 2009. Cette décision affirme leur « responsabilité exclusive » dans l'accident le plus mortel de l'aviation française.
Les deux entreprises, qui avaient précédemment été acquittées, ont écopé d'une amende maximale de 225.000 euros, augmentant ainsi la pression sur leur réputation. Bien que symbolique, cette condamnation rappelle les fautes qui ont conduit à la perte de 228 vies.
Air France a été reconnue coupable de ne pas avoir fourni une formation adéquate à ses pilotes concernant les conditions de givrage des sondes Pitot, élément crucial pour mesurer la vitesse de l'avion. Quant à Airbus, la justice l'a accusé d'avoir minimisé l'impact des défaillances de ces sondes et de ne pas avoir alerté les compagnies aériennes suffisamment rapidement. Les deux entreprises contestent vigoureusement ces accusations.
Après avoir obtenu un acquittement lors du procès précédant, le procureur a inversé sa position durant le procès en appel, soulignant les manquements graves ayant conduit à cet accident, immortalisé par l'image emblématique de la dérive tricolore flottant dans l'Atlantique.
'Aucune parole sincère n'a été prononcée pour offrir du réconfort aux familles des victimes. Ce comportement est indécent', ont fustigé les avocats généraux lors de leurs réquisitions. Pour eux, cette situation démontre une insolence inacceptable de la part de la compagnie.
En première instance, tant Airbus qu'Air France avaient nié toute responsabilité, affirmant que des choix inappropriés des pilotes en situation d'urgence avaient joué un rôle significatif dans l'accident. Le représentant d'Airbus a même soutenu que 'les erreurs humaines étaient prépondérantes'.
Rappelons que le vol AF447 reliant Rio de Janeiro à Paris s'est écrasé dans l'Atlantique le 1er juin 2009, provoquant la mort de 216 passagers et 12 membres d'équipage. Les boîtes noires ont constaté que le givrage des sondes de vitesse était à l'origine du drame, survenant dans des conditions météorologiques difficiles.
Pour le parquet, les négligences d'Airbus et d'Air France ont indéniablement contribué à cet accident tragique. L'avocat général Rodolphe Juy-Birmann a déclaré que cette condamnation constituerait un avertissement fort pour les deux sociétés.
Cependant, lors du procès initial en 2023, le tribunal avait acquitté les accusés sur des charges pénales tout en reconnaissant leur responsabilité civile, soulignant qu'il n'avait pas été possible de démontrer un lien de causalité direct avec le crash.







