Dans une opération internationale remarquable, pas moins de 33 serveurs du service First VPN, souvent utilisé par des cybercriminels, ont été saisis dans divers pays d'Europe. C'est ce qu'a annoncé la procureure de Paris, Laure Beccuau, lors d'une conférence ce jeudi.
Des villes comme Paris, Kiev, Amsterdam et La Haye ont été le théâtre de ce démantèlement, soutenu par Eurojust et Europol, visant à neutraliser ce service qui a prospéré en attirant les malfaiteurs. Dans son communiqué, la procureure Beccuau a précisé que First VPN était massivement utilisé pour camoufler l'identité de ceux qui s'adonnent à des activités illégales.
Le terme VPN désigne un "réseau privé virtuel" et est principalement conçu pour protéger la confidentialité de l'utilisateur en chiffrant sa connexion Internet. En consultant une archive du site désormais désactivé, nous avons pu observer que First VPN se vantait d'offrir "anonymat, stabilité et sécurité", avec 33 serveurs répartis dans 27 pays.
Ce service promettait de cacher l'adresse IP de ses utilisateurs et de crypter leurs échanges, leur permettant ainsi de naviguer sans être repérés par leur fournisseur d'accès, en prenant soin de rassurer sur l'absence de conservation des données. Cependant, cela se révélait un leurre, d'après Europol.
Un outil en faveur du crime
La police néerlandaise a noté que First VPN figurait dans une grande partie des enquêtes significatives concernant des cas de cybercriminalité. Les criminels l'utilisaient pour dissimuler leur identité lors d'attaques par ransomware, de fraudes massives, et d'autres délits graves. D'après les rapports, le service affirmait ne jamais coopérer avec les autorités judiciaires, laissant croire à une sécurité indéfectible pour ses utilisateurs, une illusion qui s'est effondrée avec son démantèlement.
Les résultats de l'opération ont été impressionnants : 83 dossiers impliquant 506 utilisateurs ont été compilés et transmis aux pays partenaires. Les autorités ont agi rapidement, avec l'interrogatoire du principal administrateur du service en Ukraine, à l'issue de l'opération coordonnée entre plusieurs pays.
Une enquête internationale
Cette affaire remonte à 2014, First VPN ayant été utilisé par plus de 5 000 comptes. Une enquête ouverte par la section antidrogue et criminalité de Paris en décembre 2021 a permis d'établir des liens entre ce service et plusieurs fraudes ciblant des victimes françaises. En mars 2022, une information judiciaire avait été lancée, visant à enquêter sur divers chefs d'accusation, incluant l'extorsion et l'association de malfaiteurs.
L'Europe a uni ses forces, avec le soutien d'institutions variées telles qu'Europol, et des contributions significatives venant des États-Unis, du Canada, et de plusieurs autres nations, pour mettre fin à cette menace pesant sur la sécurité numérique.







