Un nouveau chapitre dans l'affaire du crash du Rio-Paris

Dix-sept ans après la tragédie, la cour d'appel s'apprête à rendre sa décision cruciale.
Un nouveau chapitre dans l'affaire du crash du Rio-Paris
En 2009, le vol AF447 reliant Rio de Janeiro à Paris s’est crashé en pleine nuit dans l’Atlantique. 216 passagers et 12 membres d’équipage sont morts.  - Handout/Marine brésilienne/AFP

Dix-sept ans après le tragique crash du vol Rio-Paris, la cour d’appel de Paris s'apprête à rendre sa décision ce jeudi. Initialement acquittés par le tribunal, Air France et Airbus ont vu le ministère public changer de position en appel, demandant cette fois leur condamnation pour l’accident aérien le plus meurtrier de l'histoire française.

Le vol AF447, reliant Rio de Janeiro à Paris, s'est écrasé dans l'Atlantique le 1er juin 2009, tuant 216 passagers et 12 membres d'équipage, dont des ressortissants de 33 pays, dont 72 Français et 58 Brésiliens.

Un accident aux multiples causes

Les deux entités se défendent d'avoir commis une faute pénale, citant des erreurs humaines de la part des pilotes comme étant déterminantes. Un représentant d’Airbus a affirmé en tribunal que les facteurs humains ont été « prédominants » dans cette tragédie.

Les enregistrements des boîtes noires ont confirmé que l'origine de l'accident résidait dans le givrage des sondes de vitesse Pitot, dans une zone météorologique complexe près de l'équateur.

Liens de causalité contestés

Le parquet général, pourtant, estime que les erreurs d'Airbus et d'Air France sont « caractérisées » et ont « contribué, de manière certaine, à l'accident », qui a été marqué par la célèbre image de l’avion flottant dans l'Atlantique, sans sa dérive tricolore. Airbus est accusé d’avoir sous-estimé la gravité des défaillances des sondes Pitot. Air France, quant à elle, fait l’objet d’accusations liées à un manque de formation de ses équipages sur les procédures à suivre lorsque ces sondes gèlent.

Rodolphe Juy-Birmann, avocat général, a exprimé que « cette condamnation porterait atteinte à l'image de ces compagnies » et constituerait un « signal d’alerte » pour le secteur aérien.

Condamnation en vue?

Suite au procès initial, le tribunal correctionnel avait relaxé les deux compagnies en 2023 mais reconnu leur responsabilité civile. Le tribunal avait souligné que bien que des « imprudences » aient été commises, un lien de causalité clair n'avait pas pu être établi.

Si la cour d'appel devait condamner les deux entreprises, cela n'entraînerait qu'une amende symbolique de 225.000 euros, mais cela suffirait à ternir leur réputation. « Il n'existe pas de mots de réconfort, c'est du granit. L'indécence est la seule expression qui résume cette défense », ont clamé les avocats généraux, dénonçant l'absence de reconnaissance de la part des accusés.

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