Vous êtes en terminale ou en première spécialité histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques (HGGSP) ? La Lettre de l'éduc vous accompagne. Dans cette dernière newsletter de l'année scolaire, Benjamin Daubeuf, professeur agrégé d'histoire-géographie, partage des astuces pour aborder cette épreuve redoutée du bac avec sérénité.
Le grand oral peut susciter de l'anxiété chez de nombreux élèves. Pourtant, c'est potentiellement l'épreuve la plus humaine et stimulante si elle est bien préparée. Voici trois conseils pour vous aider à vous présenter en toute confiance.
Comprendre l’esprit de l’épreuve
Le grand oral consiste en vingt minutes de préparation, suivies de vingt minutes face au jury : un exposé de dix minutes, suivi d'échanges. Il ne s'agit pas d'une simple récitation de votre texte, mais d'une véritable conversation. Évitez de mémoriser votre discours comme un robot, car cela déplaira au jury.
Le jury cherche à évaluer votre capacité à réfléchir sur le vif. Il souhaite voir un candidat qui maîtrise assez bien son sujet pour en discuter librement, capable de se montrer honnête en répondant : “c'est une bonne question, je n’y avais pas réfléchi”, sans perdre ses moyens. Cette honnêteté intellectuelle est une force, pas une faiblesse.
Pour la spécialité HGGSP, il est crucial d'établir des liens entre les concepts du programme et l'actualité. Un exemple pertinent vaut mieux qu'une citation mal maîtrisée. N'hésitez pas à vous référer aux articles que nous avons sélectionnés tout au long de l'année pour vous.
Les attentes du jury
Premièrement, le jury évaluera la clarté de votre propos. Votre sujet doit être précis et problématisé. Évitez les questions trop vagues comme “Les conflits actuels sont-ils des guerres comme les autres ?” Préférez des interrogations plus pointues telles que “En quoi le conflit en Ukraine remet-il en question les équilibres géopolitiques depuis la fin de la guerre froide ?” En quelques secondes, le jury doit comprendre votre intention.
Deuxièmement, il scrutera la rigueur argumentative. Chaque segment de votre présentation doit apporter des éléments nouveaux, sans redondance. Votre conclusion ne doit pas se résumer à un rappel, mais doit répondre à la question soumise. Ouvrez-vous vers l'actualité récente.
Troisièmement, la capacité à nuancer est primordiale. Les enjeux en HGGSP sont souvent complexes. Le jury apprécie ceux qui reconnaissent cette complexité et qui mettent en lumière les limites de leurs arguments.
Enfin, souvent négligée, la présence à l’oral est essentielle. Votre regard, votre voix et votre rythme sont cruciaux pour capter l'attention du jury. Établissez un contact visuel, faites des pauses et montrez votre passion pour le sujet.
L’IA comme partenaire d’entraînement
Pour vous préparer, l'intelligence artificielle (IA) peut s’avérer un atout, à condition de l’utiliser judicieusement. N'utilisez pas l'IA pour rédiger à votre place, mais voyez-la comme un simulateur de jury. Posez-lui des questions difficiles que pourrait poser un jury de terminale. Ceci vous aidera à identifier vos lacunes.
Vous pouvez également soumettre votre plan pour qu'elle repère d'éventuelles redondances. Toutefois, gardez un esprit critique, l'IA n'est pas infaillible.
Sachez que le jury pourrait vous interroger sur votre utilisation de l'IA. Soyez transparent sur les atouts et les limites de cet outil. Généralement, le jury s'intéressera à votre démarche de recherche et à votre compréhension des sources.
Pour conclure
Le grand oral de HGGSP vous permet d'exprimer vos opinions, d'hésiter et de nuancer vos idées. N'attendez pas de répondre à une vérité absolue, mais montrez rigueur, curiosité et envie de défendre votre sujet.
Entraînez-vous en groupe, lisez des médias divers et réalisez des oraux blancs. Le jour J, rappelez-vous que le jury est là pour vous écouter. Bonne chance à tous pour cette épreuve !
La Lettre de l’éduc part en vacances. Rendez-vous à la rentrée.







