Le jeudi 4 juin, la Chambre des députés italienne a validé une loi qui permet au gouvernement d'établir un cadre pour une éventuelle réintégration de l'énergie nucléaire. Depuis 1987, et à la suite d'un référendum sans appel, l'Italie avait tourné le dos à cette source d'énergie, mais les choses pourraient bientôt changer.
En novembre 1987, juste après la catastrophe de Tchernobyl, les citoyens italiens s'étaient prononcés contre le nucléaire avec plus de 80 % de votes défavorables. À l'époque, l'Italie comptait jusqu'à cinq centrales nucléaires, représentant 4 à 5 % des besoins en électricité du pays. Depuis, cette énergie a disparu des paysages italiens. Cependant, comme le signale L’Espresso, une nouvelle loi pourrait ouvrir la voie au retour du nucléaire.
Cette législation, comme le précise L’Espresso, « ne permet pas la construction immédiate de centrales, mais mandate le gouvernement pour définir, dans un délai d'un an, les réglementations nécessaires à un potentiel retour de l'énergie nucléaire ». Cela doit encore être validé par le Sénat, mais l'engagement de l'exécutif est clair : faire revenir l'Italie dans le giron des nations nucléaires. Il Giornale parle d'une décision nécessaire qui ne peut plus attendre.
Tout miser sur les PRM ?
« L'Italie souffre d'un manque de nucléaire depuis près de quarante ans, et avant même cette décision, nous payions notre énergie plus chère ! » s'exclame le quotidien. En effet, en 2026, le coût moyen de l'énergie en Italie atteignait 127 euros par mégawattheure, soit bien plus que les 60 euros pratiqués en France ou les 45 euros en Espagne. Dans un contexte géopolitique instable, l'objectif du gouvernement est également de réduire la dépendance énergétique du pays.
Mais quel est réellement le plan de la Première ministre, Giorgia Meloni ? « Le gouvernement explore principalement les réacteurs modulaires de petite taille (PRM), souvent inférieurs à 300 mégawatts. Cela contraste avec les centrales traditionnelles qui peuvent produire plusieurs milliers de mégawatts. » Il Post ajoute que ces PRM pourraient être situés près de zones industrielles à forte consommation d'électricité. L'idée de construire une vingtaine de ces réacteurs d'ici 2050 pourrait couvrir 10 % des besoins énergétiques du pays. Toutefois, ces infrastructures demeurent expérimentales et n'ont pas encore été mises en œuvre en Europe, rendant leur prévision incertaine.
D'un point de vue technologique, des enjeux éthiques et juridiques se posent. En 2011, un autre référendum, suite à la catastrophe de Fukushima, avait réaffirmé la volonté des Italiens de proscrire les centrales nucléaires. Peut-on ignorer ces résultats ?
Le juriste, Giovanni Guzzetta, du Corriere della Sera, assure que le gouvernement est dans son droit : « Les référendums sont contraignants, mais sous certaines conditions. La situation politique a évolué, tout comme le contexte et les technologies. » Ainsi, l'exécutif pourrait légalement avancer et réglementer le retour du nucléaire. Cependant, un nouveau référendum pourrait toujours remettre en question cette législation.







