Trois policiers seront jugés le 7 septembre au tribunal correctionnel de Meaux (Seine-et-Marne) pour faux en écriture et pour avoir infligé des violences à un homme lors d'une interpellation musclée à Noisiel, le 16 mars. Cette information a été confirmée par une source proche du dossier.
Flavel, 35 ans, blessé lors de l'intervention de la BAC, avait déposé plainte auprès de l'IGPN, l’inspection générale de la police nationale. Son interpellation, filmée par un témoin et largement partagée sur les réseaux sociaux, a suscité de nombreuses réactions, notamment en raison du contexte d'une attaque ayant ciblé les locaux de la police municipale.
Les trois agents font face à des accusations de violences volontaires, ayant entraîné une incapacité totale de travail de dix jours. Les circonstances de l'affaire sont aggravantes, puisque les faits ont été perpétrés par des agents de l'ordre en réunion, comme le souligne l'AFP, corroborant ainsi les informations du Monde.
Un des fonctionnaires est également soupçonné d'avoir falsifié un procès-verbal, ajoutant une couche de gravité à cette affaire déjà controversée.
Les images captivantes de l'intervention, filmées depuis un immeuble voisin, ont révélé la tension éclatante dans la rue. On y entend les policiers proférer des menaces, affirmant : "Vous voulez jouer ? On va vous enculer !" tout en avançant armés de flashballs et de matraques.
La scène a pris une tournure dramatique lorsque Flavel, se dirigeant vers le restaurant où il avait dîné accompagné de son cuisinier et du serveur, a entendu un policier lui ordonner de "courir", avant de recevoir un coup au visage. À terre, alors qu'il était immobilisé, il a subi des coups de pied et a été exposé à une grenade lacrymogène tirée à quelques centimètres.
"J'ai vu les étincelles, je ne pouvais plus respirer", témoigne-t-il, ajoutant : "J'ai vu ma vie défiler... S'il n'y avait pas eu de caméras, je me demande comment cela se serait terminé." Ses paroles résonnent comme un appel à la vigilance sur les abus potentiels des forces de l'ordre.
Les trois policiers, actuellement placés sous contrôle judiciaire, n'ont pas le droit de détenir d'arme, et le plus jeune d'entre eux est également interdit d'exercer sur la voie publique jusqu’au procès.
À propos de la rédaction du procès-verbal contesté, l'un des agents a affirmé lors de l'instruction qu'il n'y avait aucune mauvaise intention de sa part, évoquant des "conditions apocalyptiques" au moment des faits.
L'avocat de Flavel, Me Pierre Brunisso, a assuré à l'AFP qu'il était "très satisfait de l’enquête et des mesures provisoires" mises en place suite à cette interpellation polémique.







