Les entreprises fragilisées ne font pas assez appel aux dispositifs d'aide à leur disposition. Ce constat a été révélé lors d'une réunion, ce mardi à la préfecture d'Orléans, où se sont rassemblés une trentaine d'organismes signataires d'une "charte de confiance". L'objectif est de mieux faire connaître ces ressources essentielles.
Dans un contexte international délicat, la question se pose de manière pressante : comment apporter un soutien adéquat aux entreprises en difficulté ? Plusieurs dispositifs efficaces existent, mais leur mobilisation reste insuffisante. Pour remédier à cette situation, les organismes publics tels que l'URSSAF et la Banque de France, ainsi que des acteurs privés comme les chambres consulaires et les tribunaux de commerce, ont signé cette charte pour stimuler l'activation des aides disponibles.
La préfète de région, Sophie Brocas, a souligné lors de cet événement que les dispositifs, tels que la médiation du crédit, doivent être plus largement sollicités. En 2022, 2 300 entreprises ont connu une défaillance en Centre-Val de Loire, mais seulement 99 dossiers ont été traités par la médiation du crédit. "Il est impératif que les chefs d'entreprise n'hésitent pas à demander de l'aide dès les premiers signes de complications," a-t-elle affirmé.
N'ayez pas peur de l'administration !
Un des défis majeurs reste de changer la perception face à l'administration. Isabelle Godard Devaujany, directrice régionale des Finances publiques, a noté qu'un déni face à l'échec peut freiner des chefs d'entreprise. "Beaucoup hésitent à parler de leurs difficultés, car il y a souvent la crainte du jugement. Pourtant, chaque entrepreneur peut faire face à des imprévus," a-t-elle déclaré. "Il est essentiel de surmonter ces réticences et d'agir rapidement. En revenant vers les administrations, les entrepreneurs trouveront du soutien en toute confidentialité."
Toucher les très petites entreprises, un défi important
Un enjeu crucial reste de joindre les très petites entreprises (TPE), qui représentent 95 % du tissu entrepreneurial français. Malheureusement, ce sont elles qui signalent le moins souvent leurs difficultés. Les commissaires aux comptes, qui peuvent lancer des alertes, ne s'occupent que des grandes entreprises. Christian Delhomme, directeur régional de la Banque de France, a affirmé : "Nous devons aller vers ces TPE isolées. Leurs principaux interlocuteurs sont souvent leurs comptables et leurs banquiers, qui font partie des signataires de cette charte de confiance."
Pour faciliter cet accompagnement, un livret d'information sur les ressources disponibles a été élaboré, accessible sur le site de la Banque de France.
Ainsi, cette initiative est un premier pas vers une meilleure synergie entre les acteurs économiques et administratifs, afin de garantir un soutien accru aux entreprises en situation délicate.







