Tester tous les six mois les six capacités essentielles des plus de 60 ans pour anticiper les pertes d’autonomie, c’est l’objectif d’un programme pilote de l’OMS, récemment généralisé sur l’ensemble du territoire français.
Ce programme a vu la participation du gériatre Bertrand Fougère, auteur du livre L’âge, c’est dans la tête, qui souligne l’importance d’une société qui vieillit bien. Il affirme que « une société qui vieillit est une société qui réussit, car ne pas vieillir signifierait qu’il y a un problème en amont ». La mission centrale est de s’assurer que les personnes âgées puissent vieillir en bonne santé, ce qui est le cœur de l’initiative ICOPE, ou Soins intégrés pour les personnes âgées.
Ce dispositif, approuvé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), est désormais pris en charge par les agences régionales de santé en France. Il concerne le dépistage précoce et la prévention de la perte d’autonomie chez les seniors de 60 ans et plus.
Quelles sont les modalités concrètes du programme ?
Historiquement, les décès chez les personnes âgées étaient attribués à des maladies graves comme le cancer ou les AVC. Aujourd'hui, le défi est de bien vieillir, en adaptant son mode de vie et en anticipant les besoins. Grâce au programme ICOPE, les seniors sont invités à évaluer leur mémoire, nutrition, mobilité, vision, audition et santé mentale à l'aide d'un questionnaire simple en ligne, ainsi que d'exercices pratiques proposés sur des supports numériques soutenus par les organismes de sécurité sociale.
Si les résultats des tests sont satisfaisants, un nouveau rendez-vous est fixé six mois plus tard. En cas d'inquiétude, une consultation approfondie avec le médecin traitant est mise en place pour permettre une intervention rapide et ciblée.
Le vieillissement mène-t-il inévitablement à la dépendance ?
La réponse est non. Comme le souligne Bertrand Fougère, bien que presque un million de personnes soient prévues en grande dépendance d’ici 20 ans, il reste une multitude de seniors qui n’en souffrent pas. Il est vital de créer des moyens de prise en charge adaptés à cette population, sans réduire le vieillissement à une simple question de perte d’autonomie.
Bien vieillir, c’est apprendre à naviguer à travers les différentes transitions de la vie : adapter son activité physique, envisager un déménagement si nécessaire, ou choisir des modes de transport alternatifs. Tout comme on planifie ses obsèques, préparer sa propre autonomie permet de garder le contrôle et de vivre les dernières années en toute dignité.
La société dans son ensemble doit aussi s'adapter, en proposant des logements adaptés, des solutions de mobilité, et un accès facilité aux activités sportives et culturelles. Cela est crucial, car comme le rappelle un rapport, être en bonne santé est futile si l’on est isolé.







