l'essentiel
Rachida Dati, ayant récemment quitté son poste de ministre de la Culture pour se concentrer sur sa campagne, se trouve confrontée au refus d'un ralliement de Pierre-Yves Bournazel pour le second tour. Dans un contexte de sondages serrés et de tensions avec Édouard Philippe, cette situation pourrait bien offrir une opportunité à la gauche, qui demeure en tête des intentions de vote.
La lutte pour l’hôtel de ville de Paris pourrait-elle s’apparenter à un Austerlitz pour Rachida Dati ou plutôt à un Waterloo ? En tout cas, son rêve de mettre fin à deux décennies de gestion socialiste semble devenir un parcours du combattant imprévisible.
Pierre-Yves Bournazel, ancien collaborateur de Dati et candidat Horizons, a officialisé son refus d'alliance en affirmant des "différences de valeurs" avec elle. Ce faisant, il a également exclu toute entente avec Emmanuel Grégoire, le candidat de gauche hors-LFI. Au micro de Benjamin Duhamel sur France Inter, il a insisté : "Les Parisiens méritent une alternative à ce match du passé. En tant qu'incarnation d'un nouveau chemin, je ne vais pas m'allier avec l’un ou l’autre des candidats proposant des modèles déjà en place."
Bournazel en bonne position pour le second tour
Selon un sondage Ifop, Pierre-Yves Bournazel récolte actuellement 12 % des intentions de vote au premier tour, ce qui le place en bonne position pour se maintenir au second tour. On note Emmanuel Grégoire en tête à 32 %, suivi de Rachida Dati à 30 %. La suite pourrait ressembler à un combat de quadrangulaire, laissant la désignation du nouveau maire en suspens après le vote du conseil municipal.

En se désistant de s'allier avec Dati, Bournazel étend les complications pour Édouard Philippe, président d’Horizons, dont les ambitions présidentielles sont intimement liées à l’issue des municipales. Un soutien de Horizons à Dati risquerait d'entraver le soutien LR à Philippe lors de son éventuelle candidature.
Les tensions sont palpables : Philippe, interrogé par l’AFP, a déclaré qu'il ferait tout pour garantir "l'alternance à Paris". Cependant, cette position n’est pas partagée par tous les membres d’Horizons, dont certains critiquent le soutien affiché à Bournazel, pointant les démêlés judiciaires de Dati, qui doit faire face à des poursuites pour corruption.
Malgré tout, le camp de Dati martèle l’importance du "vote utile" face à la gauche, malgré les indications selon lesquelles une majorité d’électeurs a déjà fait son choix. Bruno Retailleau, le président des LR, a averti que "laisser la gauche continuer son mandat serait inconcevable".
Dati, désormais concentrée sur sa campagne
Rachida Dati a réagi en qualifiant le refus de Bournazel d’"appel à l’échec" et a adressé un message fort à Philippe. "Il est inacceptable de permettre à la gauche de prévaloir tout en bifurquant vers une candidature présidentielle", a-t-elle précisé.
Enfin, Dati, fraîchement ex-ministre, fait désormais face à un défi décisif. Alors qu'elle s’engage à donner un nouvel élan à sa campagne, elle s'illustre comme une candidate déterminée à transformer la ville pour ses concitoyens, annonçant sur les réseaux sociaux : "Le combat de ma vie, c'est Paris ! Je me batte pour changer leur vie."







