Les militants Écologistes sont appelés à exprimer leur voix sur une motion controversée qui vise à exclure les adhérents se présentant en opposition à un candidat désigné par le parti, ou apportant leur soutien à d'autres candidats. Cette initiative suscite des accusations d'"épuration" contre Marine Tondelier, actuelle dirigeante du mouvement.
Le scrutin se déroule de vendredi à dimanche, et plusieurs opposants à Tondelier dénoncent un ciblage spécifique : "Cette motion est clairement conçue pour exclure des figures comme Yannick Jadot et Sandrine Rousseau", ont-ils déclaré à l'AFP.
À un an de la présidentielle, et alors que Tondelier s'engage dans une primaire à gauche, des voix comme celle de Yannick Jadot émettent des réserves, affirmant son désir de ne pas rejoindre ce processus tout en se rapprochant du leader de Place publique, Raphaël Glucksmann, pressenti pour 2027.
Dans le contexte actuel, Sandrine Rousseau affiche son souhait de soutenir le candidat de gauche le plus compétitif, y compris si celui-ci est Jean-Luc Mélenchon, chef de file des Insoumis.
Cette motion trouve son origine dans des demandes formulées par plusieurs groupes locaux, suite à des tensions observées lors des élections municipales, où des dissentiments n'ont été que légèrement sanctionnés, comme l'a précisé l’entourage de Tondelier. Celui-ci souligne qu'il n'y a aucune intention d'exclure quiconque, mais plutôt une volonté de respecter les décisions collectives prises par le mouvement.
"Un parti ne devrait pas être une structure où chacun peut agir comme bon lui semble", a précisé cette source. Selon le texte de la motion, obtenu par l'AFP, une "exclusion définitive" pourrait signifier qu'une personne ne pourrait pas réadhérer avant un délai de trois ans, sous condition d'approbation au niveau national.
"En choisissant cette voie, Tondelier semble privilégier un cercle fermé au détriment de l'unité, ce qui soulève des préoccupations quant à l'avenir du mouvement", déclare un élu, tandis qu'un autre critique l'"autoritarisme" de Tondelier, la qualifiant de déviation de l'essence même de l'écologie.
Les oppositions à la direction ont de leur côté formulé une demande de Conseil fédéral extraordinaire pour examiner les enjeux de la présidentielle, cherchant à explorer toutes les options, y compris celle de ne pas présenter de candidat écologiste.
De plus, ils critiquent l'annonce du bureau politique concernant une consultation des militants programmée pour début juillet, considérant que cette initiative devrait être abordée en discussion collective, et non imposée sans débat. Cela soulève des inquiétudes sur la candidature de Tondelier, qui pourrait se voir validée sans véritables débats en cas d'échec de la primaire de la gauche.







