Gabriel Attal, président du groupe Renaissance, et Bruno Retailleau, président des Républicains, affichent des visions divergentes. Attal dépeint les positions de Retailleau comme « glissant vers l’extrême droite », tandis que ce dernier reste déterminé à faire valoir qu'un candidat macroniste ne pourrait pas accéder à la présidence.
Les sondages actuels révèlent une réalité imposante : Édouard Philippe domine le tableau, suscitant l'inquiétude au sein des autres prétendants. Selon une récente étude Elabe pour BFMTV, l'ancien Premier ministre obtiendrait entre 20,5 et 25 % des intentions de vote, le plaçant ainsi en position de force pour le second tour.
A contrario, Retailleau et Attal ne parviennent pas à égaler ce score, oscillant respectivement entre 7-10% et 11,5%. Tandis que les deux hommes s’efforcent de doubler leur rival, ils n'hésitent pas à exprimer leurs préoccupations quant à l'émergence d'une candidature macroniste en finale.
Sérénité au sein des camp
Du côté de Retailleau et Attal, l'inquiétude se transforme en stratégie. « Édouard Philippe est sur un terrain bien battu depuis deux ans », souligne Prisca Thévenot, proche d’Attal, qui appelle à la patience et à « une dynamique de campagne » qui pourrait influencer les sondages grâce à une nouvelle approche.
« Une fois en campagne, nous serons en mesure de capter l'attention », affirme Thévenot.
Du côté de Retailleau, le sénateur Max Brisson tempère les résultats des sondages. Il rappelle que les favoris d'un an avant l'élection ne sont jamais garantis de succès. « Alain Juppé était à 35 % un an avant l'élection de 2017… Le jeu est très ouvert », affirme-t-il.
La dynamique de l'opposition
Cependant, l'heure n'est pas encore à l'apaisement. Retailleau pointe du doigt le passé d'Édouard Philippe ainsi que ses relations avec Emmanuel Macron. Ses critiques se multiplient, le présentant comme un gardien d’un bilan jugé calamiteux.
« Je ne conçois pas un scénario où Édouard Philippe atteindrait le second tour », déclare Pierre-Henri Dumont, secrétaire général adjoint des Républicains.
Pour Attal, les enjeux sont d'autant plus délicats. Alors qu'il se positionne en tant que challenger, son discours reste moins explosif, soulignant qu'il n'a pas appelé à la démission d'Emmanuel Macron, contrairement à Retailleau.
Accélération des campagnes
Tous deux en mouvement, Retailleau, fraîchement désigné candidat, promet un meeting prochain à Paris, et Attal publie un livre, en parallèle d'un tour de France à venir. Ce dernier a programmés plusieurs événements à Lyon, Bordeaux et Strasbourg, préparant le terrain pour une officialisation de sa candidature.
Chaussant ses habits de campagne, Retailleau, quant à lui, ambitionne de faire entendre régulièrement ses propositions sur des sujets cruciaux pour le pays, de la réforme des retraites à la question de la sécurité.
La réponse d'Édouard Philippe
Édouard Philippe et son équipe préfèrent adopter une posture calme, soulignant que leur stratégie est de travailler indépendamment des autres candidats. À travers ses récentes interventions, Philippe a insisté sur la nécessité d’écouter les Français et de construire un message porté par l'espoir.
En attendant, les deux candidats devront renforcer leur légitimité au sein de leurs propres partis, parmi des cadres qui se montreraient réticents à les voir comme les figures emblématiques de la droite. Les enjeux, à un an du scrutin, s’annoncent de taille.







