Le lait, souvent critiqué pour ses effets sur la digestion, est au cœur de nombreux débats. Certains avancent qu’il provoque des inflammations et serait associé à des risques accrus de cancer. Pourtant, ces idées reçues ne trouvent pas écho dans la science moderne.
Une digestion du lait bien plus courante qu'on ne le pense
Alors que les enfants semblent tolérer le lait sans problème, les avis divergent pour les adultes. Les opposants soutiennent qu'aucune espèce, sauf l'homme, ne consomme le lait d'une autre espèce à l'âge adulte. Dr Jean-Michel Lecerf, médecin nutritionniste et endocrinologue à l'Institut Pasteur de Lille, rétorque : "L'homme est un omnivore, et cette pratique fait partie de notre alimentation de manière habituelle".
Un autre argument des détracteurs est que avec l’âge, la production de lactase, l’enzyme indispensable à la digestion du lactose, diminuerait. Cependant, Dr Lecerf précise que "seules certaines personnes, dites ‘lactase non persistantes’, souffrent de ce phénomène. De plus, les individus d'origine caucasienne, dont font partie la plupart des Français, sont souvent lactase-persistants, conservant leur capacité digestive tout au long de leur vie".
Les bienfaits nutritionnels du lait : une réalité confirmée
Les critiques pointent aussi du doigt le lait comme cause d’inflammation et de risque de cancer.
Le Dr Lecerf réfute ces allégations, affirmant : "Les études montrent un effet anti-inflammatoire des produits laitiers, et aucune recherche n’a établi de lien direct entre leur consommation et l’apparition de cancers tels que ceux du sein ou de la prostate."
De plus, la consommation de lait est liée à de nombreux bénéfices pour la santé : "Le lait est riche de 2000 composants nutritifs, apportant des acides gras diversifiés et des probiotiques", indique le médecin. Il rappelle également qu’un apport régulier en produits laitiers peut réduire le risque de diabète de type 2 de 30%, prévenir l'ostéoporose, et diminuer le risque de cancer colorectal.
Les recommandations actuelles suggèrent aux femmes de consommer 3 produits laitiers par jour, 2 pour les hommes, et 4 pour les adolescentes et femmes ménopausées.
Enfin, peu importe la source du lait, qu’il provienne de vache, de chèvre, ou d’autres espèces, la quantité de lactose et la qualité nutritionnelle demeurent similaires. Alors, pourquoi s’en priver ?
*Dr. Lecerf est également l'auteur de "40 idées fausses sur les régimes" et "La joie de manger".







