Après son retour surprise à la mairie de Strasbourg, la socialiste Catherine Trautmann a été confirmée présidente de la métropole ce vendredi 10 avril. Cette décision marque un retour aux affaires pour l'ancienne ministre de la Culture, qui occupait auparavant ce mandat il y a 25 ans.
Unique candidate à cette fonction, Catherine Trautmann a su rassembler 80 voix sur les 107 conseillers de l'Eurométropole de Strasbourg, malgré 27 votes blancs. Ce résultat témoigne de la force de son alliance stratégique avec des élus de droite.
Des vice-présidents issus de la droite
Avant 2023, la mairie de Strasbourg et la présidence de l'intercommunalité étaient traditionnellement détenues par des figures politiques distinctes mais alliées. L'Eurométropole, regroupant 33 communes, a un budget de 1,33 milliard d'euros, offrant ainsi un pouvoir considérable en matière de gestion des transports, des déchets et de politique économique.
Lors de sa prise de fonction, Trautmann a nommé deux élus LR, Thibaud Philipps et Catherine Graef-Eckert, comme vice-présidents. "Nous venons d'horizons différents, c'est peu de le dire", a-t-elle affirmé, soulignant l'aspect transpartisan de leur collaboration.
"Nous avons des sensibilités différentes, mais nous avons une habitude ancienne de travailler ensemble", a-t-elle commenté, en rendant hommage au dialogue entre les partis.
Ces élus, bien connus pour leur opposition à l'ancienne majorité écologiste, ont joué un rôle clé dans le débat autour des projets d'infrastructure, notamment en opposant la précédente administration sur l'extension du tramway.
Un retour marquant après 25 ans
Trautmann a remporté les élections municipales avec 37% des voix après une campagne marquée par des tensions avec la maire sortante, Jeanne Barseghian. À 75 ans, elle a déjà occupé le poste de maire à deux reprises, de 1989 à 1997 et de 2000 à 2001.
Elle s'est engagée dans la campagne sous son propre nom, sans négliger ses origines politiques. Sa volonté de dialogue et de coopération a été au cœur de ses promesses électorales, bien que ses alliances récentes aient suscité des critiques au sein même de son parti, le PS.
J. Barseghian a dénoncé cette alliance, la qualifiant de "trahison" des valeurs socialistes, lors d'une interview avec l'AFP, suggérant que ce rapprochement servait simplement à consolider le pouvoir de Trautmann.
Vers une nouvelle confiance
Lors de son discours devant le conseil métropolitain, Catherine Trautmann a réagi aux accusations en affirmant : "Je ne suis pas ici pour forger une alliance entre une femme de gauche et la droite au sein de ce conseil. Mon objectif est de rassembler les Strasbourgeois et d'étendre cette solidarité à l'ensemble de l'Eurométropole."
Elle a également souligné le besoin pressant de rétablir la confiance envers les autorités locales après une période de frustrations ressentie par plusieurs communes sous l'ancienne administration.
Les enjeux de sa présidence sont nombreux, avec Thibaud Philipps en charge de l'urbanisme et Catherine Graef-Eckert supervisant les relations internationales et la circulation au sein de la métropole. Il reste à voir comment cette collaboration inédite entre la gauche et la droite influencera les décisions futures.







