Le 21 mars, Cuba a connu sa deuxième panne d'électricité nationale en moins d'une semaine. Le ministère de l'énergie a annoncé sur les réseaux sociaux que « le réseau électrique national a subi une panne totale. Les procédures de rétablissement sont déjà en cours ». Cette coupure, qui a débuté vers 18h45 heure locale, est la septième de ce type en un an et demi, suivant une panne générale de plus de vingt-quatre heures survenue les 16 et 17 mars.
Selon la compagnie d’électricité, une défaillance d'une unité de la centrale thermique de Nuevita a eu des effets en chaîne, entraînant la déconnexion du réseau. Le système électrique cubain repose sur huit centrales thermiques vieillissantes, dont certaines sont en service depuis plus de quatre décennies, ce qui explique leur vulnérabilité aux pannes fréquentes.
« C’est devenu insupportable »
La colère des Cubains face à ces coupures répétées s'intensifie. « C’est devenu insupportable. Cela fait moins d’une semaine que nous avons vécu une situation similaire, on en a déjà assez », déclare Ofelia Oliva, 64 ans, à l’Agence France-Presse (AFP). Nilo Lopez, un chauffeur de taxi de 36 ans, partage son désespoir, s'interrogeant sur l'avenir : « Je me demande si nous allons passer toute notre vie comme ça, parce qu’on ne peut pas vivre ainsi ».
Le gouvernement cubain pointe du doigt les sanctions américaines comme un obstacle majeur à la modernisation de l'infrastructure électrique. Cependant, des économistes soulignent également un manque d'investissements chronique dans ce secteur crucial.
Des conséquences économiques désastreuses
La situation est d'autant plus préoccupante que les livraisons de pétrole en provenance du Venezuela, principal fournisseur de Cuba, sont interrompues depuis plusieurs mois. Washington, sous l'administration Trump, menace de sanctions tous les pays qui tenteraient de fournir du pétrole à l'île sous embargo depuis 1962, aggravant ainsi la crise économique. La Havane accuse Trump de vouloir « asphyxier » l'économie cubaine.
Les coupures d'électricité majeures viennent s'ajouter à des pénuries de nourriture, de médicaments et d'autres biens essentiels, exacerbant le mécontentement populaire. Tout récemment, un groupe de manifestants a pris d'assaut le siège du Parti communiste cubain dans une ville centrale, témoignant des tensions croissantes au sein de la population.







