Ce pays, jadis salué comme un bastion de l'extrême droite mondiale, est à un tournant décisif. Le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, est confronté à un défi monumental pour les élections législatives du 12 avril. À l'international, son modèle politique a inspiré des figures comme Donald Trump et Marine Le Pen, mais aujourd'hui, ce schéma semble se fissurer, entraînant Orbán dans une incertitude politique palpable.
La Hongrie, sous Orbán, a été perçue comme l'eldorado des tendances autoritaires, se distanciant des valeurs libérales au bénéfice d'un régime dit "illibéral". Les enjeux économiques, les politiques migratoires et la corruption rampante deviennent des préoccupations majeures. Selon des sources comme Le Monde, la fragmentation de la société hongroise et les choix politiques douteux de Orbán commencent à peser sur son image.
Un bilan alarmant
Lors d'une massive manifestation à Budapest le 15 mars, Orbán a été qualifié de "traître" par ses opposants, soulignant sa gestion défaillante des affaires publiques. Après des années de promesses, la Hongrie se trouve face à une inflation alarmante et une natalité en chute libre. Même si le gouvernement a construit des barrières contre l'immigration, il se voit contraint, dans un retournement saisissant, de légiférer sur l'immigration légale pour attirer une main-d'œuvre étrangère alors que sa propre population diminue.
De jeunes Hongrois quittent le pays par milliers pour des opportunités à l'étranger, créant une sorte de paradoxe où le gouvernement s'érige contre l'immigration tout en en sollicitant les bénéfices.
Scandales et affairisme
Un autre sujet de préoccupation est le régime économique né de ces dix dernières années. Toujours selon la Transparency International, un petit groupe d'alliés d'Orbán contrôle désormais une part importante de l'économie nationale, exploitant le système pour s'enrichir de manière corrompue. Des scandales environnementaux s'ajoutent aux accusations de malversations au sein du gouvernement.
Une diplomatie en déroute
Concernant sa diplomatie, la Hongrie s'inscrit souvent en opposition aux positions de l'Union européenne, particulièrement en ce qui concerne la question ukrainienne, où son rapprochement de la Russie est controversé. Cette posture a engendré des pertes économiques sévères, avec des fonds européens gelés, ce qui ne fait qu'aggraver la situation domestique.
Marc Loustau, professeur à la Central European University, met en lumière que même si Orbán est mis en difficulté, il pourrait conserver une certaine emprise sur l'économie et les institutions. Avec un opposant monté en puissance, le scrutin du 12 avril pourrait être un tournant pour l'avenir politique de la Hongrie.







