Pour échapper aux horreurs du front, un nombre croissant de soldats russes choisit la voie de la prison. Cette situation, révélée par un article de MediaZona, soulève de nombreuses questions sur le décret numéro 647 mis en place par Vladimir Poutine en 2022. Ce décret a restreint les moyens légaux pour éviter le service militaire aux seules personnes âgées de 65 ans et plus, souffrant de problèmes de santé graves, ou déjà condamnées à une peine d'emprisonnement.
Parmi ces soldats, Anton Putyatov, un sous-lieutenant de 37 ans, ancien professeur d'anglais, a pris la décision courageuse de déserter afin d'assister à la naissance de son enfant en juillet 2024. Après avoir été renvoyé sur le front et blessé, il a cherché à faire savoir à ses supérieurs militaires qu'il ne voulait plus participer aux opérations. Il est pourtant renvoyé au combat, sans aucune considération pour sa demande.
"On y envoie tout le monde"
"Je suis prêt à purger une peine de prison, conformément à la loi. Si ma sentence est de cinq à dix ans, je l'accepterai. Mais je refuse de retourner dans mon régiment," a-t-il déclaré. "Je veux aller en prison et ne pas être ici !" Ses paroles illustrent un sentiment partagé par de nombreux soldats qui se sentent piégés entre le devoir militaire et leur survie personnelle.
selon des spécialistes comme Vladimir Bernhardt, fondateur de l'Association des avocats militaires, plusieurs camps temporaires à travers la Russie accueillent ces soldats sans statut légal, piégés dans un processus judiciaire opaque. "Il n'y a pas assez d'hommes pour les assauts, donc on y envoie tout le monde," avertit-il. Cette situation met en lumière les conséquences tragiques de la mobilisation excessive et des conditions de vie des militaires russes, souvent laissés pour compte dans un système en crise.







