Depuis le début des hostilités au Moyen-Orient, les consommateurs français ressentent une forte pression sur leur budget, avec une augmentation de 33 centimes par litre pour l'essence et de 44 centimes pour le gazole. D'après Patrice Geoffron, directeur du Centre de géopolitique de l’énergie et des matières premières à l’Université Paris Dauphine, cette tendance pourrait s'installer durablement sur le marché. "Nous avons devant nous une année de carburants chers", a-t-il déclaré.
Le prix du sans-plomb 95 a atteint, ce lundi 18 mai, un seuil historique de 2,04 euros le litre, selon les données gouvernementales. Ce record fait suite au déclenchement du conflit et au blocus du détroit d'Ormuz, une situation qui a provoqué une flambée des prix des combustibles. En effet, le 27 février, avant le début des hostilités, le prix se situait autour de 1,72 euro le litre.
Malgré la chute du prix du baril de pétrole, qui a atteint 126 dollars fin avril avant de redescendre au-dessus des 100 dollars, les prix à la pompe continuent d'augmenter. En réponse à cette crise, le gouvernement prévoit d’annoncer de nouvelles aides le 21 mai, alors que les Français doivent s'adapter à cette nouvelle réalité économique. Selon Geoffron, "pour les deux premiers ponts de mai, la consommation de carburants a baissé de 30% par rapport à 2025".
franceinfo : les prix des carburants restent très élevés en France. Quelle en est la tendance ?
Patrice Geoffron : Les prévisions sont complexes. Les incertitudes politiques, notamment les décisions de Donald Trump, qui exprime fréquemment des messages contradictoires, influent sur les attentes du marché.
"Ce qu’on peut affirmer, c’est que l'Iran et les Etats-Unis n'ont pas intérêt à ce que cette crise dure toute l’année."
Patrice Geoffron, professeur d’économie et directeur du Centre de géopolitique de l’énergie et des matières premières de l’Université Paris Dauphineà franceinfo







