À Paris, ce mardi 19 mai, les animateurs des activités périscolaires sont en grève pour exprimer leur désaccord face aux suspensions automatiques mises en place en cas de suspicion de violence sur des enfants. Cette grève résonne dans un contexte de révélations inquiétantes au sein des établissements scolaires et d’un débat croissant sur les plateformes de signalement et de protection des mineurs.
La procureure de la République a jugé cette affaire prioritaire : le parquet de Paris a ouvert des enquêtes pour de potentielles violences dans 84 écoles maternelles, une vingtaine d'écoles élémentaires ainsi qu'une dizaine de crèches. En 2026, 78 agents de la ville ont été suspendus pour des préoccupations de violences, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles. Selon Emmanuel Grégoire, le nouveau maire de Paris, ces chiffres reflètent une crise systémique.
Cependant, certains animateurs protestent contre les suspensions automatiques, qu'ils considèrent comme une "politique de répression" de la part de la municipalité, sous pression face à l’urgence de la situation. Élisabeth Guttmann, cofondatrice du collectif SOS Périscolaire, a noté sur RTL que depuis 2021, environ 600 signalements ont été recueillis à travers la France. Ces signalements touchent à des violences physiques, psychologiques et sexuelles, ces dernières représentant environ 10 à 15% des cas.
• La nécessité d'un fichier national
Pierre, père d’un petit garçon ayant subi une agression sexuelle dans le cadre périscolaire, a été interviewé sur RTL. Son témoignage souligne une faille majeure : un agent accusé peut quitter Paris après une suspension, ce qui complique le suivi. "Ce n’est pas seulement une question d’incidents isolés, c’est une question de défaillance systémique," explique-t-il. "Le problème réside dans le recrutement et l’organisation. Nous ne pouvons pas prendre à la légère les suspicions d’agression sexuelle."
Des défaillances similaires ont été signalées par d'autres parents, poussant le collectif à suggérer à la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, la création de fichiers nationaux pour renforcer le partage d’informations.
• Détecter les signes de maltraitance
Marie, mère d’un enfant soumis à des violences dans une école parisienne en 2018, lutte depuis sept ans sur le plan judiciaire. Elle révèle des signes de détresse de son filho qu'elle n'a pas su identifier à temps : "Mes yeux voyaient un enfant qui pleurait tous les matins, mais je pensais que c'était simplement la fatigue. Aujourd’hui, je réalise à quel point il était affecté."
"Aujourd’hui, on ne croit pas les enfants"
Marie, mère de famille
Elle insiste sur le défi d’obtenir des preuves matérielles pour soutenir la parole d’un enfant. Après sept ans, un verdict dans son affaire reste en suspens.
• Importance d'une prise en charge adéquate
« La manière dont les enfants victimes sont pris en charge est inégale selon les services concernés », souligne Élisabeth Guttmann. Elle rappelle qu’il est crucial que les victimes soient entendues dans un environnement adapté—comme la salle Mélanie, conçue pour garantir leur sécurité lors des témoignages.
En revanche, elle évoque le cas d'une petite fille de trois ans, reçue dans une pièce mal appropriée par un officier, ce qui l'a mise sous pression et a entravé sa capacité à parler. Elle appelle donc les parents à exiger que leurs enfants soient entendus dans des conditions sécurisées. Guttmann conclut en appelant à un système de signalement efficace et à une formation renforcée des professionnels. "L'État doit prendre la responsabilité d'assurer la protection de l'enfance comme une priorité".
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