Le président russe Vladimir Poutine a atterri à Pékin mardi soir, accueillant son "bon ami de longue date" Xi Jinping dans une démarche visant à consolider les relations sino-russes. Cette rencontre s'inscrit juste après la visite marquante de Donald Trump en Chine, une première depuis neuf ans pour un président américain.
Arrivé à 23H15 locale, M. Poutine a été reçu par des officiers militaires chinois, signifiant l'importance de cet événement diplomatique. Selon la présidence russe, les deux leaders, tous deux âgés de 73 ans, devraient discuter de l'intensification de leur partenariat stratégique ainsi que des enjeux internationaux et régionaux majeurs.
Leur alliance s'est avérée solide, particulièrement après l'invasion de l'Ukraine en 2022, avec une série de visites de Poutine à Pékin chaque année depuis lors. Cependant, cette relation présente une asymétrie notable, la Russie étant de plus en plus dépendante économiquement de la Chine, devenue son principal acheteur de pétrole malgré les sanctions occidentales.
Parmi les sujets de la rencontre figurent le projet de gazoduc "Force de Sibérie 2", qui relierait la Russie à la Chine via la Mongolie. Moscou envisage ce projet comme un moyen de contourner l'isolement européen. Les deux dirigeants avaient échangé des lettres de félicitations pour le trentième anniversaire de leur partenariat stratégique avant la rencontre.
Pékin, par l'intermédiaire de son porte-parole Guo Jiakun, a souligné l'"amitié durable" entre la Chine et la Russie. Dans un message vidéo, Poutine a affirmé que les relations entre les deux pays avaient atteint un "niveau sans précédent" et qu'elles jouent un rôle stabilisateur sur la scène mondiale.
Bien que la visite de Poutine soit moins flamboyante que celle de Trump, certains analystes comme Patricia Kim de la Brookings Institution estiment que cela ne diminue en rien l'importance de leur partenariat. Selon elle, les liens sino-russes sont désormais perçus comme plus robustes que ceux entre la Chine et les États-Unis.
Concernant la situation en Ukraine, la position de la Chine reste nuancée, plaidant pour le respect de l'intégrité territoriale tout en n'ayant jamais condamné l'invasion russe. Patricia Kim suggère que Xi Jinping partagera des points évoqués avec Trump lors de leur récente rencontre, une situation qui doit rassurer Moscou.
Sur le plan économique, la guerre en Ukraine représente un enjeu crucial pour Poutine, qui s'appuie sur la Chine pour maintenir son effort de guerre. Lyle Morris, chercheur à l'Asia Society, souligne l'importance de ce soutien pour la Russie, tandis que d'autres domaines, comme les relations avec l'Iran, pourraient créer des divergences entre Moscou et Pékin.
James Char, de l'Université technologique de Nanyang, note que la Chine cherche à préserver des voies commerciales ouvertes, un objectif pouvant entrer en conflit avec les intérêts russes dans la région. Dans ce contexte, le renforcement des accords énergétiques sera sans doute un sujet central lors de la rencontre, Joseph Webster de l'Atlantic Council estimant que la Chine va chercher à diversifier ses approvisionnements énergétiques russes.







