Dans le cadre d'un conflit élargi entre Washington et Pékin, la course à la domination dans l'espace ne cesse de se renforcer. Les États-Unis envisagent de plus en plus que la Chine aide son allié iranien à identifier des cibles militaires grâce à ses satellites.
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Le réseau social chinois Weibo, avec ses 500 millions d'utilisateurs, a été le théâtre d'une activité particulière depuis janvier avec la publication d'images satellites de sites militaires américains au Moyen-Orient par MizarVision, une entreprise chinoise. Ces images montrent des aéronefs stationnés à la base aérienne d’Al-‘Udeid au Qatar, où se trouvent des C-17 et des systèmes de missiles Patriot.
Le 28 février, jour d'ouverture de la guerre, la même base, qui abrite jusqu'à 10 000 soldats américains, a subi une attaque iranienne, laissant apparaître des colonnes de fumée à la suite des frappes. Ce n'est pas un cas isolé, car plusieurs installations militaires américaines ont été visées après que MizarVision a partagé des images satellites sur les réseaux sociaux.
Trois entreprises chinoises placées sous sanctions américaines
Cette situation soulève la question : coïncidence troublante ou implication réelle de la Chine dans le soutien à l'Iran ? Les autorités américaines semblent en être convaincues. C'est ainsi que, le 8 mai dernier, le département d'État a imposé des sanctions à MizarVision ainsi qu'à deux autres entreprises chinoises. "Les États-Unis continueront à cibler les entités chinoises qui soutiennent l'Iran," a déclaré un porte-parole officiel.
MizarVision, basée à Hangzhou, acquiert des images de la constellation Jilin, composée de 170 satellites, qu'elle traite pour générer des analyses pertinentes. Gilles Morain, directeur technique de Masae Analytics, explique que l'utilisation d'algorithmes spécialisés permet d'extraire des informations précises sur les mouvements d'équipements militaires.
Le ministre des Affaires étrangères iranien récemment reçu à Pékin
Bien que la Chine nie toute implication dans le conflit, des experts sont sceptiques. Marc Julienne, directeur au Centre Asie - Institut Français des Relations Internationales, indique qu'il y a une connivence implicite lorsque des entreprises, même privées, partagent des données sensibles sur des satellites. "Le gouvernement chinois a un contrôle stratégique sur l'écosystème spatial," souligne-t-il.
Pour renforcer les liens bilatéraux, le ministre des Affaires étrangères iranien a été reçu à Pékin la semaine dernière. Bien que les modalités d'engagement de la Chine ne soient pas claires, celle-ci a exprimé son intention de s'impliquer davantage pour promouvoir la paix au Moyen-Orient.







